Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par l'Hérault, le Rieutord, l'Argentesse, le Recodier, le ruisseau de la Garenne et par divers autres petits cours d'eau. Incluse dans les Cévennes, la commune possède un patrimoine naturel remarquable: un site Natura 2000 (les «gorges de Rieutord, Fage et Cagnasse»), un espace protégé (la réserve naturelle régionale de Combe Chaude) et cinq zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Chef-lieu de canton jusqu'en 2015, la commune est désormais intégrée dans celui du Vigan. Elle est aussi membre de la communauté de communes des Cévennes gangeoises et suménoises, regroupant treize communes des départements du Gard et de l'Hérault. Elle se situe au sud de la région naturelle des Cévennes.
Sumène est une commune rurale qui compte 1 388 habitants en 2019, après avoir connu un pic de population de 3 135 habitants en 1872. Ses habitants sont appelés les Suménois ou Suménoises.
La commune est également située dans la zone périphérique du parc national des Cévennes, ainsi qu'au confluent de deux rivières, le Rieutord et le Recodier.
Géographie
Localisation
Carte de la localisation du village et des communes limitrophes, avec leurs limites.
Sumène est située en région Occitanie, anciennement Languedoc-Roussillon, à l'ouest du département du Gard et au sud-ouest de la région naturelle des Cévennes.
La commune est située, à vol d'oiseau, à 552,3 km au sud-est de Paris[1], à 54 km au nord-ouest de Nîmes[2],
à 43,1 km au nord de Montpellier[3],
à 8,9 km à l'est du Vigan[4] et à 5,1 km au nord de Ganges[5].
La superficie de la commune est de 3 659 hectares[M 1]; son altitude varie entre 175 et 933 mètres[6].
Le territoire de la commune de Sumène est situé dans une zone de basse montagne du sud-ouest du massif des Cévennes, à l'extrémité sud du Massif central. Le sommet nommé le plus haut de la commune est la Montagne de la Fage, à l'est, qui culmine à 922 m[M 1]. Les autres sommets principaux situés sur le territoire la commune sont le Ranc de Banes, situé au sud-est de la commune, à une altitude de 713 m[M 1], le Pain de sucre, à 792 m[M 1], les Jumeaux, à l'ouest, à 515 m et 525 m[M 1] et, au nord, le Castanet Pinoch et Piecam, en limite communale avec Saint-Roman-de-Codières[M 1], respectivement à 594 m et à 797 m.
Le sol de la commune est constitué, au centre et à l'ouest de schiste, au sud-est de calcaire, où l'on trouve de nombreuses grottes[7] et, au nord de granit[M 1].
Hydrographie
Le Rieutord et l'ancien moulin.
La commune est située dans la vallée du Rieutord, un affluent gauche du fleuve côtier de l'Hérault. Le Rieutord, qui traverse le territoire de la commune du nord au sud, est, en aval du village, très souvent à sec, avec des écoulements souterrains jusqu'à sa confluence à Ganges[M 1]. Cependant, les crues du Rieutord peuvent être torrentielles, en particulier lors des épisodes cévenols[M 1], comme le montre une de ses crues mémorables, qui s'est produite le 30 septembre 1958, juste après un épisode cévenol[8]. Son affluent, le Recodier, traverse le village du nord-est au sud-ouest[M 1]. Le point de confluence des deux rivières se situant au chef-lieu de la commune.
L'Hérault longe le territoire de la commune au nord-ouest et marque les limites avec les communes de Roquedur et de Saint-André-de-Majencoules.
On trouve également quelques ruisseaux, au nord et à l'est du territoire, tels que le ruisseau des Ayres[9], le ruisseau du Cayla[10], le valat de Coste Male[11], le valat des Gours[12], le ravin du Bois[13], une partie du ravin du Soulié, qui traverse aussi la commune de Moulès-et-Baucels[14], une toute petite partie du ruisseau de la Garenne, son affluent, qui traverse également Moulès-et-Baucels[15], ainsi qu'une petite partie de l'Argentesse[16], formé par de nombreux ruisseaux en provenance de la montagne de la Fage[17], marquant la limite du territoire à l'est, avec La Cadière-et-Cambo.
Enfin, on trouve également, sur le territoire de la commune, deux stations de mesures des eaux souterraines à partir de sources naturelles: la source de Theron[18], à Cézas, et la source des Poujades[19]; ainsi qu'une autre station, à partir d'un forage artificiel, au Ranc de Banes[20].
Climat
Selon la classification de Köppen, le climat de Sumène est «méditerranéen» (Csb). Les hivers sont donc relativement doux et humides tandis que les étés sont de nature chaude et sèche, même si la neige et le gel sont fréquents sur le territoire de la commune l'hiver[21].
La station météorologique la plus proche du village se trouve à Vendargues, à 41,2 km à vol d'oiseau[22].
Voies de communication et transports
Carte simplifiée des routes et rivières de Sumène.
Depuis Ganges, Sumène est accessible par la route départementale D4[23] (dans le département de l'Hérault), puis par la D11[24],[M 2] (dans le département du Gard). Au nord-ouest de Sumène, la D11 rejoint la route départementale D999[25],[M 2] (ancienne route nationale 99) qui donne accès au Vigan.
La D317 relie Sumène à la commune de La Cadière-et-Cambo en passant par les hameaux de Sounalou et Cézas[M 2].
Enfin, la D11A permet d'accéder aux hameaux de Pinoch et du Castanet[M 2].
La ligne d’autocars CCC2[26] du réseau de transport Edgard (liaison Ganges - Sumène - Saint-Roman-de-Codières) permet d'assurer des correspondances à Ganges pour rejoindre Nîmes ou Le Vigan (ligne D40[27] du réseau Edgard) ou Montpellier (ligne 108[28] du réseau Hérault Transport).
La gare ferroviaire la plus proche est celle d'Alès, située à 53,8 km par la route et 34 km à vol d'oiseau[29].
Les gares ferroviaires de Montpellier et de Nîmes sont, quant à elles, respectivement situées à 52,4 km[30] et à 54,5 km[31] de Sumène, par le réseau routier.
Les aéroports les plus proches sont ceux de Montpellier et de Nîmes, respectivement situés à 70,6 km[32] et 74,2 km[33] de Sumène, par le réseau routier.
Un projet de voie verte, sur le tracé de l'ancienne voie de chemin de fer, reliant Ganges au Vigan, en passant par Sumène, est à l'étude mais pas encore[Quand?] concrétisé, en raison de problèmes économiques[34]. Au mois de février 2014, le projet, toujours à l'étude, semble se concentrer à la parcelle Ganges-Sumène uniquement[35].
Urbanisme
Typologie
Sumène est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[36],[37],[38].
La commune est en outre hors attraction des villes[39],[40].
Occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,3% en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (94,3%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (74%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (20,3%), zones agricoles hétérogènes (4,1%), zones urbanisées (1,6%)[41].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Morphologie urbaine
Il y a, sur le territoire de la commune, de nombreux hameaux et mas[M 2], les principaux étant Le Pouget, Pont d'Hérault, en bordure de l'Hérault, à l'ouest du village, Le Castanet, Sanissac, Le Vialaret, Metgès, Sounalou, où, d'après certains écrits, se trouvaient auparavant un château, le château d'Ayres, ainsi qu'une petite église, les deux ayant aujourd'hui disparu[17], Pinoch[M 1] et Cézas, à l'est, où se trouve le prieuré Saint-Martin de Cézas et qui était, jusqu'en 1959, un village indépendant[42].
Logement
En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 1 291, alors qu'il n'était que de 840 en 1968[I 1].
Parmi ces logements, 60,3% étaient des résidences principales, 36,9% des résidences secondaires et 2,7% des logements vacants. Ces logements étaient pour 78% d'entre eux des maisons individuelles et pour 21% des appartements[I 2].
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants, était de 73,7%, quasi stable par rapport à 1999[I 3].
Projets d'aménagement
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue! Comment faire?
Risques majeurs
Le territoire de la commune de Sumène est vulnérable à différents aléas naturels: météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses, et à un risque particulier: le risque de radon[43]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[44].
Risques naturels
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau et par une crue torrentielle ou à montée rapide de cours d'eau, notamment l'Hérault, le Rieutord, le Merdanson et l'Argentesse. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1994, 1995, 2002, 2011, 2014, 2015 et 2020[45],[43].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Sumène.
La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux[46]. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 29,2% de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,5% au niveau départemental et 48,5% au niveau national). Sur les 790 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 563 sont en en aléa moyen ou fort, soit 71%, à comparer aux 90% au niveau départemental et 54% au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[47],[Carte 2].
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[48].
Risques technologiques
Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à 350 m, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence[49].
Risque particulier
Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Sumène est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[50].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Sumena en 1150[51],[52]; Sumena en 1174; [Beata-Maria de] Sumenis en 1297; [Locus de] Sumena en 1314; Sumena en 1384; Sumene en 1435[53].
C'est à l'origine un hydronyme qui s'est fixé par la suite comme toponyme selon un processus fréquent en toponymie.
La racine est identique à celle de la Somme, Sumina latinisé en Sumara, mais avec glissement de l'accent[54]. Le type Sumena remonte au gaulois *Su-mēnā «la bien douce»[55].
Histoire
Préhistoire
Les traces les plus anciennes d'habitat humain, sur le territoire de la commune, remontent à la Préhistoire, où des vestiges d'habitations, des tessons de poteries[M 3],[56], ainsi que des outils en silex taillé et des dents d'ours[34], ont été retrouvés dans les grottes et les falaises du Ranc de Banes[7]. On a également trouvé, sur le territoire de la commune, de nombreux mégalithes[7]. La région était déjà habitée 4000 av. J.-C.[M 3],[56]
Antiquité
Dès l'an 100 av. J.-C.[M 3] les Romains occupent la région et construisent de nombreuses voies de communications, Sumène étant située sur la route des Ruthènes, une voie de communication reliant Nîmes à Millau[7]. Ils exploitent également la mine de fer des Jumeaux[7] et érigent un temple, aujourd'hui totalement disparu, dédié à Mercure[34]. Le village est conquis par les Wisigoths en 450[M 3], ce qui explique la présence d'un cimetière wisigoth dans le village. Il ne reste de cette époque presque plus de vestiges. Les monuments les plus anciens encore visibles aujourd'hui datent du début du Moyen Âge.
Moyen Âge
Portail de la Font de Ville.
En 750 environ, les Sarrasins ravagent la région et sont arrêtés peu après par Charles Martel, à Nîmes[M 3].
Au IXesiècle, des moines bénédictins s’installent sur la rive gauche du Rieutord et construisent une église fortifiée, qui sera détruite lors de la Réforme[M 3],[7]. Ils fondent le quartier de «La Coural», mettent en place les premières cultures en terrasses, où ils cultivent de la vigne, des céréales et des oliviers. Ils établissent aussi les premiers systèmes d'irrigations[34] et bâtissent de nombreux moulins[34]. La culture des châtaigniers se met également en place et ils commencent à exploiter les mines du Sounalou, des mines de charbon[7].
En 1138, la paroisse de Sumène verse une redevance annuelle de 456 litres de châtaignes fraîches au monastère Saint-Sauveur d'Aniane[56].
En 1307, Bertrand de Pierrefort, seigneur de la terre voisine d'Hierle, demande l'établissement de marchés et de foires dans le village[57].
En 1384, le village compte 17 feux, ce qui correspond à environ 80 personnes[56],[57].
Au Moyen Âge, le village est une importante cité commerciale, où transitent, en direction du nord, du sel, du vin et de l'huile et en direction du sud, de la viande, du fromage, du lait et du cuir[34].
Renaissance et époque moderne
Au XVIesiècle Sumène est, après la commune voisine du Vigan, la ville la plus importante de la région[58].
Des faubourgs, probablement ceux du Pied-de-Ville, sont cités dès 1515[57].
Le 8 mai 1517, la seigneurie de Sumène passe aux mains de la famille Geoffroy, seigneurs de Bouzigues[59].
En 1530, le village, qui est divisé en sept parties, est protégé par une enceinte percée de huit portes. Cette dernière, présente dès 1412 ou 1414, comme le prouve à cette époque la présence d'un capitaine des fortifications[57], mesure entre huit et dix mètres de haut, fait environ deux mètres d'épaisseur, est probablement bordée d'un fossé et est jalonnées de six tours[57]. L'entrée principale du village, vers Ganges, est défendue par une tour de trois étages[M 3].
Il n'en reste presque plus rien aujourd'hui, le seul vestige encore visible étant le portail de la Font de Ville, qui fut le seul morceau de rempart à ne pas avoir été détruit.
Les lieux principaux du village, à l'époque, sont le château féodal, le four banal, la maison Consulaire, la chapelle Saint Jaume et le Clos Soubeyran[M 3].
Entre les années 1490 et 1560, Sumène doit son essor économique à la tonnellerie, qui s'est maintenue jusqu'au XIXesiècle et que le village exportait dans tout le Languedoc et le sud de la France, jusqu'en Algérie, par le biais des ports de Marseille et de Sète[34]. La corporation des tonneliers est si puissante qu'elle possède une chapelle dans l'église[34]. Le village doit aussi son essor à l'industrie lainière et à celle du cuir[7],[34]. C'est également à cette époque que la population suménoise s'est massivement tournée vers le protestantisme. En 1568, Balthazar de Saint Étienne, baron de Ganges et seigneur de Saint-Martial, tente, en réponse à la Michelade, de reconquérir le village, pris par les Huguenots. Il y arrive temporairement avant de d'être tué lors de la reprise du village[56]. La ville est d'ailleurs restée 80 ans sans prêtre et a été la seconde ville du Gard à avoir été pourvue d'un pasteur, après Nîmes[7]. Cependant, après la Révocation de l'édit de Nantes[7] une majorité de suménois seront contraints de se convertir au catholicisme.
En 1640, la commune compte 16 moulins sur son territoire[60].
Au XVIIesiècle, une école de menuiserie célèbre s'est également développée à Sumène. Elle se caractérisait par la production d'armoires et de placards en noyer, comportant des panneaux sculptés et une importante ornementation[61]. Les armoires dites de Sumène Bas-Languedoc étaient réputées dans tout le Languedoc et plusieurs musées du Gard et de l'Hérault en possèdent encore: on en trouve par exemple à celui du Vigan, du Vieux-Nîmes, ou au château d'Espeyran.
Époque contemporaine
Culture d'oignon doux des Cévennes.
Une inondation ravage le village le 10 octobre 1795[62] puis le 5 octobre 1812[62]. Le village sera encore inondé en 1840 et le 5 octobre 1847[62].
Le déclin de la ville commence au XVIIIesiècle avec la construction d'une route reliant Ganges au Vigan, qui met Sumène à l'écart des grandes routes commerciales[M 3],[7]. Dans le même temps, du XVIIIesiècle au milieu du XIXesiècle, la commune se tourne vers la sériciculture, comme la majeure partie des Cévennes[56]. Son activité, antérieure à la Révolution, a commencé à se développer après l'hiver de 1709, qui gela une grande partie des châtaigniers et poussa les habitants à se tourner vers une autre activité. En 1760 Sumène compte déjà 16 métiers à soie et 67 métiers à laine[M 3].
C'est à cette époque que la région de Ganges devient la capitale de la bonneterie.
En 1860, la moyenne de production de cocons est de 1 200 quintaux par saison[M 3]. Sumène abrite, à son apogée, douze filatures, le long du Rieutord et trente magnaneries[M 3],[7].
Au milieu du XIXesiècle le village compte 800 000 mûriers[34]. La première récolte des feuilles de ces derniers servait à l’engraissement des vers à soie et la seconde à celle des agneaux[34]. Les bas de soie produits à Sumène et dans sa région, deviennent célèbres et sont exportés partout dans le monde, jusqu'en Russie, en Argentine et au Vatican[34]. Aujourd'hui, l'ancienne filature du Diguedan est le parfait exemple de l'architecture typique de ce genre de bâtiment (vastes pièces, bon éclairage...).
Cependant, au milieu du XIXesiècle, une maladie, la pébrine, décime les vers à soie[56]. En une dizaine d'années seulement, la production de cocons chute de 76% dans l'ensemble des Cévennes. La catastrophe est telle que le ministère de l'agriculture de l'époque sollicite l'aide de Louis Pasteur pour éradiquer la maladie et sauver les récoltes[56].
Entre-temps, une nouvelle maladie, causée par l'ingestion de feuilles de mûriers infectées, apparaît: la flacherie[56]. Après trois séjours dans les Cévennes, en 1869, Louis Pasteur parvient enfin à trouver un remède aux deux maladies dévastatrices[56]. Cependant, alors que la pébrine est quasiment éradiquée, la flacherie continue malgré tout à causer des ravages.
Malgré le sauvetage des récoltes, la concurrence asiatique à raison de la sériciculture, qui décline progressivement dans les Cévennes et dans toute l'Europe[56]. Les dernières grandes magnaneries de la région ferment dans les années 1930[56].
La production de châtaignes disparaît et les châtaigneraies deviennent peu à peu des terrains en friche, principalement en raison de la pauvreté des sols exploités et de l'apparition de la maladie de l'encre dans les années 1870[56]. Plus tard, dans les années 1950, le chancre de l'écorce décime les dernières exploitations encore en activités[56].
Le village possède également, en 1850, 25 hectares d'oliviers, qui produisent 80 000 litres d'huile, que le village vend ensuite[M 3].
En 1903, Sumène abrite 2 756 habitants[63]. Le 16 février 1906, la population du village, très catholique, s'oppose massivement aux inventaires[64],[65] et s’enferme alors dans l'église. La porte doit être enfoncée à la hache par des soldats venus en train de Nîmes: elle en garde encore aujourd'hui les traces.
En 1909, une épidémie de fièvre de Malte frappe la commune et les villages voisins, principalement Saint-Martial et Saint-Roman-de-Codières[66]. L'épidémie est finalement stoppée dans le courant de l'année 1910, en particulier grâce au docteur Paul Cantaloube, alors médecin dans le village, qui découvre que la maladie est propagée par la consommation de lait et de fromage de chèvres contaminées, ces dernières étant très présentes dans la région à l'époque[66].
Le 9 mai, ou 11 mai[67], 1929 un train partant du Vigan, en direction de Nîmes, déraille sur la voie ferrée entre Sumène et Ganges[68]. En raison d'un éboulement de rochers sur la voie ferrée, les deux fourgons de tête ainsi que deux wagons voyageurs sortent des rails et barrent la voie. La locomotive est rejetée contre la montagne. Malgré la violence de l'accident on ne compte aucun mort et que quatre blessés légers, le train ne transportant que quelques passagers.
Durant la Seconde Guerre mondiale, certains jeunes du villages se cachent dans les mines de Sounalou pour éviter le Service de travail obligatoire mis en place par les nazis[34]. Ces dernières ferment peu après, durant les années 1950[17].
Le 30 septembre 1958, une terrible inondation, provoquée par le Rieutord après un nouvel épisode cévenol, ravage le village et toute la région[8],[34]. Une plaque située près de l'ancienne mairie indique le niveau de l'eau lors de l'inondation.
Entre 1959 et 1965, une route est construite entre Sumène et le hameau de Cézas, rattaché à la commune six ans auparavant, pour désenclaver ce dernier[17].
En raison des crises économiques et des nombreux problèmes rencontrés sur les productions traditionnelles, depuis la fin du XIXesiècle, la population du village, tout comme celle de la région, diminue fortement; en 1990 il n'y a plus que 1 417 habitants dans le village[42], alors qu'en 1872 il y en avait 3 135[42].
Cependant, depuis le début des années 2000, on assiste, dans le village et dans toute la région, à une légère hausse de la population, due à l'arrivée de nouveaux habitants, en particulier des citadins, qui tentent d'échapper aux contraintes des grandes villes. Entre 2006 et 2011 la population de la commune a ainsi augmenté de 1,00%[69].
D'importantes coulées de boue ont lieu dans le village en octobre 1995[70].
Au 22 janvier 2015, la dernière catastrophe naturelle officiellement déclarée ayant eu lieu sur le territoire de la commune date de la période du 17 au 20 septembre 2014, où, en raison de très fortes pluies, la commune a subi des coulées de boue et de légères inondations à certains endroits de la commune[71].
Aujourd'hui, après la quasi-disparition de l'industrie textile, le village développe le tourisme vert et une agriculture de qualité:
depuis une vingtaine d'années, la commune produit, tout comme les communes voisines, des oignons doux, aussi appelés raïolette. Elle fait en effet partie de la zone délimitée à l'AOC et à l'AOP Oignon doux des Cévennes[72]. Les recherches effectuées dans le but de cette obtention ont permis de découvrir que cet oignon est en fait cultivé depuis le Moyen Âge. La Notice historique sur les paroisses de Sumène, écrite en 1873 par l'Abbé Goiffon, rapporte même l'existence d'une dîme sur l'oignon doux en 1409, ce qui révèle sa production et son existence à l'époque, ainsi que sa grande valeur économique pour les habitants[56],[73],
le village et la région alentour sont également labellisés site remarquable du goût: oignon doux des Cévennes[74]
la commune fait également partie de la zone délimitée à l'AOC et à l'AOP du pélardon, un petit fromage de chèvre[M 3],[75],
une production de jus de kiwis est également présente sur le territoire de la commune[7] et
quelques agriculteurs du village et de Saint-Martial, commune voisine, tentent de réhabiliter d'anciennes plantations de châtaignes[56],[7].
Depuis 1996, une entreprise locale, "l'Arsoie", s'est lancée dans la fabrication de bas de soie de luxe et de collants, en remettant en fonctionnement de vieux métiers à tisser, laissés à l'abandon[76],[77].
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Résultats des élections depuis 2002
Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours
Élection présidentielle de 2002[78]: 81,66% pour Jacques Chirac (RPR), 18,34% pour Jean-Marie Le Pen (FN), 83,89% de participation.
Élection présidentielle de 2007[79]: 53,18% pour Ségolène Royal (PS), 46,82% pour Nicolas Sarkozy (UMP), 87,63% de participation.
Élection présidentielle de 2012[80]: 58,71% pour François Hollande (PS), 41,29% pour Nicolas Sarkozy (UMP), 83,92% de participation.
Élection présidentielle de 2017[81]: 68,16% pour Emmanuel Macron (EM), 31,84% pour Marine Le Pen (FN), 77,55% de participation, 16,3% de blancs ou nuls parmi les votants.
Élection présidentielle de 2022[82]: 56,40% pour Emmanuel Macron (LREM), 43,60% pour Marine Le Pen (RN), 76,39% de participation, 12,17% de blancs ou nuls parmi les votants.
Élections législatives, résultats des deuxièmes tours
Élections législatives de 2002[83]: 58,98% pour Damien Alary (PS), 41,02% pour Ariane Fournier (UMP), 67,01% de participation.
Élections législatives de 2007[84]: 55,51% pour William Dumas (PS), 44,49% pour Christophe Ruas (UMP), 69,24% de participation.
Élections législatives de 2012[85]: 66,32% pour William Dumas (PS), 33,68% pour Sybil Vergnes (FN), 68,58% de participation.
Élections législatives de 2017[86]: 70,45% pour Olivier Gaillard (LREM), 29,55% pour Daniela de Vido (FN), 46% de participation, 12,67% de bulletins blancs et nuls parmi les votants.
Élections législatives de 2022[87]: 59,48% pour Michel Sala (LFI), 40,52% pour Jean-Marie Launay (RN), 57,41% de participation, 14,88% de bulletins blancs et nuls parmi les votants.
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores
Élections européennes de 2004[88]: 30,49% pour Kader Arif (PS), 11,31% pour Jean-Marie Cavada (NC), 52,47% de participation.
Élections européennes de 2009[89]: 20,40% pour Dominique Baudis (UMP), 20,09% pour José Bové (EELV), 50,66% de participation.
Élections européennes de 2014[90]: 21,39% pour Louis Aliot (FN), 20,44% pour José Bové (EELV), 54,17% de participation.
Élections européennes de 2019[91]: 22,43% pour Jordan Bardella (RN), 18,87% pour Nathalie Loiseau (LREM), 59,76% de participation.
Élections régionales, résultats des deuxièmes tours
Élections régionales de 2004[92]: 57,03% pour Georges Frêche (DVG), 32,85% pour Jacques Blanc (UMP), 10,12% pour Alain Jamet (FN), 73,03% de participation.
Élections régionales de 2010[93]: 60,56% pour Georges Frêche (DVG), 23,51% pour Raymond Couderc (UMP), 15,94% pour France Jamet (FN), 62,44% de participation.
Élections régionales de 2015[94]: 52,16% pour Carole Delga (PS), 29,29% pour Louis Aliot (FN), 18,55% pour Dominique Reynié (LR), 63,53% de participation.
Élections régionales de 2021[95]: 66,35% pour Carole Delga (PS), 20,08% pour Jean-Paul Garraud (RN), 13,58% pour Aurélien Pradié (LR), 39,30% de participation.
Élections cantonales, puis départementales (premiers tours)
Élections cantonales de 2004[96]: 72,72% pour Yvan Bresson (PS), 9,99% pour Jean-Paul Durand (UMP), 74,61% de participation.
Élection cantonale partielle de 2006[97]: 66,6% pour William Toulouse (DVG), 20,7% pour Jean-Paul Durand (DVD), 54,6% de participation.
Élections cantonales de 2011[98]: 66,11% pour William Toulouse (DVG), 18,81% pour André Paul Da Costa (FN), 57,11% de participation.
Élections départementales de 2015[99] (2e tour): 38,93% pour Martin Delord - Hélène Meunier (PS), 31,17% pour Eric Doulcier - Muriel Martinet (DVG), 29,90% pour Germain Spagnol - Aurélie Wagner (FN), 60,73% de participation.
Élections départementales de 2021[100]: 78,75% pour Martin Delord - Hélène Meunier (PS), 21,25% pour Bernard Monrreal - Chantal Ostanel (RN), 40,03% de participation.
Résultats des référendums depuis 1992
Référendum de 1992 relatif au traité de Maastricht[101]: 56,74% pour le Oui, 43,26% pour le Non, 71,67% de participation.
Référendum de 2000 relatif au quinquennat présidentiel[102]: 71,34% pour le Oui, 28,66% pour le Non, 31,47% de participation, 19,84% de blancs ou nuls parmi les votants.
Référendum de 2005 relatif au traité établissant une constitution pour l'Europe[103]: 59,47% pour le Non, 40,53% pour le Oui, 78,06% de participation.
Résultats des élections municipales
En 2008, le conseil municipal est constitué de 15 membres. Treize (formant la majorité) sont élus dès le premier tour et deux (d’opposition) à l'issue du second tour[104]. Ghislain Pallier devient maire.
Au premier tour des élections municipales de 2014, la liste «divers gauche» conduite par Jérôme Morali (jusqu'alors élu d’opposition) obtient 51,57% des suffrages exprimés et l'autre liste «divers gauche» conduite par le maire sortant, Ghislain Pallier, en obtient 48,42%; le taux d'abstention est de 22,94%. Le conseil municipal est donc constitué de 15 membres issus de la liste arrivée en tête et de 4 membres issus de la seconde liste[105]. Jérôme Morali devient maire.
Au premier tour des élections municipales de 2020, la liste conduite par Ghislain Pallier (jusqu'alors élu d’opposition) obtient 55,01% des suffrages exprimés et l'autre liste conduite par Pascale Castanier, première adjointe sortante, en obtient 44,98%; le taux d'abstention est de 29,76%. Le conseil municipal est donc constitué de 15 membres issus de la liste arrivée en tête et de 4 membres issus de la seconde liste[106]. Ghislain Pallier redevient maire.
Administration municipale
Compte tenu du nombre d'habitants dans la commune lors du dernier recensement, le conseil municipal est composé de 19 membres conformément au Code général des collectivités territoriales[107].
Sumène relève du tribunal judiciaire d'Alès, de la cour d'appel de Nîmes, du tribunal pour enfants de Nîmes, du conseil de prud'hommes d'Alès, du tribunal de commerce de Nîmes, du tribunal administratif de Nîmes et de la cour administrative d'appel de Marseille[112].
Le 24 avril 2013, une première charte de jumelage est signée avec le village de Quistinic[113] en Bretagne.
Le 27 janvier 2014, un contrat de partenariat est conclu. Mais le nouveau conseil municipal de Sumène décide le 24 novembre suivant de mettre fin au jumelage[114]. Le partenariat entre les habitants des deux communes se poursuit donc par le biais de l'association "Echanges Sumène-Quistinic". Reprise en 2020, la procédure de jumelage s'achève par la signature de la charte à Sumène le 18 septembre 2021[115].
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[116]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[117].
En 2019, la commune comptait 1 388 habitants[Note 2], en diminution de 14,64% par rapport à 2013 (Gard: +2,08%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
2 822
2 575
2 674
2 692
3 017
3 075
2 978
3 033
3 027
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
2 952
2 920
2 829
3 135
3 029
2 880
2 891
2 865
2 756
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
2 537
2 508
2 395
2 217
2 399
2 286
2 005
2 030
2 102
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
2 139
1 913
1 702
1 613
1 417
1 492
1 523
1 509
1 614
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2015
2019
-
-
-
-
-
-
-
1 570
1 388
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[42] puis Insee à partir de 2006[118].)
Histogramme de l'évolution démographique
Enseignement
La commune est située dans la région académique et dans l'académie de Montpellier[119].
Elle administre une école maternelle et une école élémentaire communales et dispose d'une école élémentaire privée[120],[M 4].
Les deux collèges les plus proches, un public et un privé sont situés à Ganges[M 5], quant aux lycées, un public est situé au Vigan et un lycée agricole privé se trouve à Ganges[M 5].
Manifestations culturelles et festivités
Les Transes cévenoles, en 2017.
Chaque année les «Elvis Platinés» organisent les Transes cévenoles, un festival qui regroupe le dernier week-end de juillet des groupes musicaux et des artistes de rue[121].
Le comité des fêtes de Sumène organise la fête votive du village aux alentours du 15 août, avec un feu d'artifice[M 6].
Une autre fête, la fête de la Soupe était également organisée dans le village, par l'association Teuf-Teuf, mais celle-ci ne fut plus organisée pour des raisons financières à partir de 2012[122].
Tous les ans, au mois de juin, les associations La Pena Toro Castano et les amis de Gédéon organisent chacune un feu de joie sur le territoire de la commune[M 6].
Une course de côtes est également organisée sur les hauteurs du village, par l'association Sport automobile, tous les ans, début juillet, depuis 1995[M 6]. Elle compte pour le classement de la coupe de France et fait environ 1,2 km[M 6].
Enfin, la commune est située sur le tracé du critérium des Cévennes[123].
Santé
On trouve, à Sumène, trois infirmiers, un ostéopathe, trois kinésithérapeutes et une pharmacie[M 7].
Les centres hospitaliers les plus proches sont la polyclinique Saint-Louis à Ganges et l'hôpital local du Vigan[M 7].
Sports
La commune possède un stade municipal, dans lequel sont organisées les rencontres sportives et les matchs, ainsi qu'un terrain de tennis et une salle des sports, appelée Le Passit[124].
On trouve, dans le village, une dizaine d’associations sportives, dont un club de tennis, un de badminton, un de course automobile, qui organise chaque année la course de côtes, deux de football, dont un pour séniors, un de spéléologie, un de boxe, un de basket-ball, un de gymnastique et deux de pétanque[M 8].
Médias
La radio du diocèse de Nîmes, Ecclesia, dispose d'un émetteur dans les environs de Sumène[125]. De plus, d'autres radios locales émettent dans la région, comme Radio Sommières ou Radio Escapades, qui sont partenaires des Transes cévenoles[126] ou encore France Bleu Gard Lozère.
En plus des chaînes nationales, la chaîne régionale publique France 3 Languedoc-Roussillon et la chaîne régionale privée TV SUD Camargue Cévennes, regroupée à la chaîne TV SUD Montpellier, émettent dans la région.
La presse régionale est présente avec les quotidiens Midi libre et La Marseillaise. La mairie édite également un bulletin d'informations municipales, «Vivre à Sumène», distribué gratuitement à la population[127].
Cultes
La commune dépend du district paroissial catholique Saint-André-de-Majencoules et Sumène au sein du diocèse de Nîmes. Ce district paroissial regroupe douze clochers dont celui de Sumène pour lequel le lieu de culte est l'église Notre-Dame[128],[129].
Économie
Revenus de la population et fiscalité
En 2019, le revenu fiscal médian par ménage est de 18 286€, bien inférieur à la moyenne nationale qui s'élève à 28 525€. 65% des foyers fiscaux ne sont pas imposables (48,5% en France)[130].
Emploi
En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élève à 8 813 personnes, parmi lesquelles on compte 73% d'actifs dont 59,9% ayant un emploi et 13,1% de chômeurs[I 4].
On compte 240 emplois dans la commune, contre 324 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 496. L'indicateur de concentration d'emploi[Note 3] est de 48,5%, ce qui signifie que la commune offre un peu moins d'un emploi pour deux habitants actifs[I 5].
Entreprises et commerces
Au 31 décembre 2015, Sumène comptait 198 établissements: 21 dans l’agriculture-sylviculture-pêche, 19 dans l'industrie, 27 dans la construction, 112 dans le commerce-transports-services divers et 19 étaient relatifs au secteur administratif[I 6].
En 2017, 21 entreprises ont été créées à Sumène[I 7], dont 12 individuelles[I 8].
Culture locale et patrimoine
Langue régionale
La langue régionale de Sumène est l’occitan. Sumène se dit Sumena en langue d’oc. C’est le point d’enquête no524 de l’Atlas linguistique de la France[131].
Monuments classés
Sumène ne compte aucun monument historique classé ou inscrit sur son territoire[132].
Patrimoine industriel
Dix-huit monuments de la commune figurent à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France: usine de préparation de produit minéral (usine d'agglomération de houille) des mines de Sumène[133], filature (filature de soie) dite filature Veuve Mollis[134], usine de bonneterie de soie et de nylon dite Bonneterie Suménoise[135], usine de bonneterie de soie Cannat[136], mine de fer, zinc, et plomb des Deux Jumeaux[137], usine de bonneterie de nylon SITEC[138], usine de bonneterie de soie et de nylon La Séda[139], usine de bonneterie de soie et de nylon Monna, actuellement La Coste[140], filature (filature de soie) dite Filature Mauries[141], filature de soie de Tarteron[142], filature de soie, usine de bonneterie, puis ganterie Dussol[143], filature de soie Bonneru[144], filature de soie Baumes; puis cartonnerie Massal[145], mine de houille de Soulanou[146], filature de bourre de soie Martin[147], filature, moulinerie (filature de Soie, moulinerie de soie) dite filature Journet[148], filature, moulinerie (filature de soie, moulinerie de soie) dite Filature Ducros[149] et moulin à blé, filature et moulinerie de soie de Calvières, puis Ducros[150].
Autres éléments du patrimoine
Clocher de l'église.
Monument aux morts.
Ancienne gare.
Tourelles du pont Grand.
Sumène est riche d'une vingtaine de bâtiments d'intérêt historique ou architectural, datant en partie du Moyen Âge[7]:
L'église Sainte-Marie Notre-Dame commence à être construite en 1689 à la place de 6 maisons achetées et détruites. Le clocher est bâti en 1750. L'église a été agrandie vers le chevet en 1846, le clocher ayant été déplacé et rehaussé. Les peintures datent de 1891[151].
Le temple de l'Église protestante unie de France de Sumène, qui fut construit en 1842[M 4]. C'est le troisième du village.
Chapelle de Sanissac
Les vestiges d'un cimetière wisigoth, remis au jour lors de fouilles archéologiques[34].
L'ancien cimetière, utilisé du VIIIeauXIXesiècle. Abandonné au profit d'un nouveau site à partir de 1884, son mur et ses tombes ont été détruits vers 1904 pour laisser place à un jardin public.
Le monument aux morts qui a été inauguré le 11 novembre 1923 en présence du général Jean-Baptiste Marchand, alors conseiller général du canton de Sumène. Les noms de 91 poilus décédés durant la Première Guerre mondiale y sont inscrits[152].
L'ancienne caserne et prison est devenue la mairie en 1787[153]. Sa façade a été remaniée en 1924. La mairie a été transférée dans un nouveau bâtiment en juillet 2013[M 9],[154]. Depuis février 2019, le bâtiment abrite une médiathèque appelée L'Escale.
L'ancien moulin à eau, construit au XIIesiècle, qui a été un moulin à blé, à châtaigne puis à huile et qui a été plusieurs fois ravagé par les inondations.
L'ancienne gare est située sur la ligne du Vigan à Quissac. Elle a nécessité l'existence de nombreux viaducs et tunnels longeant la vallée du Rieutord puis, après Sumène, d'un tunnel long de 1,346 m[155] pour rejoindre la vallée de l'Hérault. Construite dans les années 1870, elle a été inaugurée le 20 juillet 1874[156]. Elle permettait d'exporter toutes les marchandises du secteur, comme la bonneterie, la ganterie et les produits de l'agriculture. La ligne a été fermée pour les passagers le 9 mars 1969[34] et pour les marchandises le 1er avril 1987[156].
Porte Pied-de-Ville.
Ancien moulin.
Façade Renaissance.
Ancien cimetière.
L'ancienne voie ferrée.
La tour dite la Font de Ville qui a été la demeure de l'un des premiers pasteurs du bourg: Abraham de Saint Loup, et qui est la seule tour des remparts à ne pas avoir été détruite. Son portail date du XIIesiècle. La porte de la tour se nomme porte de la Fontaine Vieille[M 4]. Un ancien bec de gaz est présent dans un mur juste à côté de la tour.
L'ancien hôtel la Galère, datant des XIIIeetXIVesiècles.
Les Erbuns, des passages souterrains qui donnaient accès aux anciens remparts. Ce lieu, qui dessert aujourd'hui les caves de certaines habitations du vieux village, est également appelé chemin de ronde. Ils furent construits pendant la Guerre de Cent Ans pour se protéger des Anglais, présents au Vigan[34].
L'ancien four banal qui appartenait depuis environ 1520 à la famille Étienne, seigneur de Saint-Martial. La population avait l’obligation de l'utiliser. Son local servit également de salle de réunion aux Jacobins pendant la Révolution française.
Le porche des Bémis, construit du XeauXIIesiècle, qui était le passage obligé, au Moyen Âge, pour aller à Saint-Martial ou à Saint-Roman-de-Codières. Son nom, Bémis, qui signifie, en occitan, bohémiens serait dû à une légende racontant qu'ils se réfugiaient sous le porche lors des intempéries.
Le Plan qui est la place centrale du village. Elle fait la liaison entre le vieux village médiéval et les habitations modernes. Autrefois, elle abritait de nombreux mûriers, aujourd'hui remplacés par des platanes[34].
La porte du Pied-de-Ville, aussi surnommée Arceau de Pied-de-Ville[M 4], sur lequel on peut lire la devise du village, datant des guerres de Religion: Ayant Dieu pour défense, nous ferons résistance. Au XVIIIesiècle, le quartier du Pied de Ville abritait divers artisans, comme des cordonniers, des tisserands ou des tonneliers.
Une façade Renaissance dans la Grande-Rue, avec une très ancienne plaque sur laquelle est gravée En l'an 1572 le quintal de froment valait dix livres R.A..
La rue Cap-de-Ville où se situe, sur la maison de l'ancien maire du village, Pierre-Henry de Massanne, une plaque indiquant le prix des denrées en 1858.
Une plaque, située près de l'ancienne mairie, indique le niveau de l'eau lors des trois plus grandes inondations ayant ravagé le village[157]: le 5 octobre 1812, qui fut la plus haute, le 5 octobre 1847 et enfin le 30 septembre 1958[34], qui ravagea toute la région et qui fit, dans toutes les Cévennes, 35 morts[158].
Le Pont-Grand. Il est aussi pendant longtemps appelé Pont-Vieux. Ses origines remontent au XIIesiècle. Mais dans son état actuel, il date du XVesiècle[153]. C’est en effet par une délibération de la commune de Sumène du 9 avril 1426 qu’il fut décidé de le construire. Il précède une des portes des anciens remparts, qui était surmontée d'une tour servant de beffroi urbain. En 1902, il a été remplacé par deux tourelles crénelées, sur lequel on peut apercevoir deux canonnières.
Le pont du Recodier est construit vers 1600 et reconstruit en 1778. Il est doublé en largeur en 1873[159]. Au XVIIIesiècle, des filatures se sont installées à proximité. Une plaque apposée au-dessus d'une porte en commémore l'existence.
Un pont construit à proximité en 1898 pour faciliter la liaison entre la place du Plan et le nouveau cimetière.
Le Pont-Petit est construit vers 1785 pour remplacer une passerelle et laisser passer des charrettes[153].
Les deux autres ponts doivent leur existence à la mise en place, à la fin des années 1970, à la route permettant d'éviter de traverser Sumène par l'étroite Grand Rue. L'un d'eux est appelé «pont du 19 mars 62» (l'autre n'a pas de nom).
Enfin, en dehors du village, sur le territoire de la commune, l'on peut voir[7]:
en direction de Ganges, l'ancienne mine de fer, de zinc et de plomb des Deux-Jumeaux, qui fut exploitée par les Romains pendant l'Antiquité et, bien plus tard, du XIXeau début duXXesiècle, ainsi que le Calvaire, qui fut édifié en 1726 à la suite d'une épidémie de peste qui décima le village;
en direction de Saint-Roman-de-Codières, le moulin de Serviel, un moulin à blé et à huile ayant appartenu à l'abbaye de Sumène aux XeetXIesiècles;
en direction du hameau du Pouget, la chapelle Saint-Cyprien, construite à l'emplacement d'une ancienne abbaye détruite en 1568. Elle est mentionnée pour la première fois sur un plan dressé le 4 août 1628, par un certain A. Sercamanen, puis sa mention apparaît à nouveau dans le compoids de Sumène de 1639-1640[160]. Sur une autre colline, en face de la chapelle, se trouvent les ruines du Château d'Adhémar[161];
Le prieuré Saint-Martin de Cézas, situé près du hameau de Cézas et édifié au XIIesiècle;
Chapelle du prieuré Saint-Martin de Cézas;
Les ruines de l'ancienne église de Cézas, près du hameau de La Croix[17].
La commune dispose aussi de deux cimetières, un catholique et un protestant[M 4].
Une des anciennes filatures, nommée Salle Polyvalente du Diguedan, a également été rénovée et est régulièrement utilisée pour diverses occasions par la mairie[M 4].
Patrimoine de Sumène
Le pont des Chèvres sur le Rieutord.
Les ruines de la chapelle Saint-Cyprien.
Vestiges des mines de Sumène, Les Jumeaux.
Le pont du Recodier.
Patrimoine environnemental
Réserve naturelle régionale de Combe Chaude
Une gagée des prés.
On trouve sur le territoire de la commune la réserve naturelle régionale de Combe Chaude[M 1],[162], une zone protégée de 56ha[163],[164] créée en 1989, appartenant au Conseil général du Gard depuis 1985[34] et devenue réserve naturelle régionale en 2006[165]. Elle est également englobée dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) du Ranc de Banes.
Article détaillé: Réserve naturelle régionale de Combe Chaude.
La commune est également située dans la zone périphérique du Parc national des Cévennes[7],[179].
Enfin, depuis 2011, le village fait partie des communes inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco: Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen[180].
Roman dont l'action se passe à Sumène
Pierre Robin, Le Recodier, éditions La Pensée Universelle, 254 pages, 1973, (ASINB004P400CK), (BNF35147212)
La famille de Ginestous, citée pour la première fois en 1181 comme établie au mas du même nom à quelques centaines de mètres des remparts de Sumène. Elle s'établit par la suite deux kilomètres plus loin, au castrum de Galon puis entre en possession du château de Montdardier (sur le Causse de Blandas) qui devient dès lors sa résidence principale.
Jean-François Xavier de Ménard (1756-1831), général et homme politique, né à Sumène.
Aurèle Jean de Boisserolle (1764-1829), général et lettré, mort à Sumène.
Félix de Tarteron (1821-1888), avocat et homme politique, né à Sumène.
Jean-Baptiste Marchand (1863-1934), chef de l'expédition française qui provoque la crise de Fachoda, conseiller général du canton de Sumène de 1913 à 1925.
Paul Cantaloube[181] (1880-1929), médecin à Sumène entre 1904 et 1914 et auteur d'une étude clinique reconnue sur la fièvre de Malte[66].
Paul Cabanis (1892-1944), médecin, homme politique et résistant, né à Sumène.
Lucie Aubrac (1912-2007) et Raymond Aubrac (1914-2012), résistants, y possédaient une résidence secondaire. En leur honneur, le parc situé près de la mairie porte le nom d’ «Espace Lucie et Raymond Aubrac». Une plaque commémorative y a été inaugurée le 14 juillet 2012 en présence du député William Dumas[182].
Maurice-Yves Castanier (1922-2014), industriel, homme politique, écrivain, poète, ancien résistant et maire du village de 1983 à 1995, né à Sumène.
Robert Killick-Kendrick (1929-2011), biologiste et chercheur anglais, décédé à Sumène.
Hélène Dorlhac de Borne (1935), médecin, femme politique et ancienne secrétaire d’État, née à Sumène.
Héraldique, logotype et devise
Blasonnement actuel:
De gueules à la tour d'argent.
La devise de la commune Ayant Dieu pour défense, nous ferons résistance[7], datant des guerres de religion, est gravée sur la porte du Pied de Ville, à l'entrée du vieux village.
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Collectif, Si Sumène m'était contée, dépliant patrimoine (non daté), office de tourisme Cévennes-Méditerranée [lire en ligne]
Jean-Marie-Isidore Boiffils de Massanne, Histoire de Sumène, des origines à la fin du XVIIIesiècle, éditions du Vieux Pont, Sumène, 2001
Mathilde Cabanne, Histoire de Sumène, de la Réforme à la Révolution, école des Chartes, Paris, 1946, 26 p.
Pierre-Albert Clément, De Sumène à Cézas, 1967
Étienne Goiffon Notice historique sur les paroisses du canton de Sumène, d'après les documents originaux, par M. l'abbé Goiffon, Grimaud, 1873
T. Ritaldone, Le cambriolage légal: l'inventaire du 16 février 1906 à Sumène, Cévennes Magazine, 2004
Mme Marchand, Monographie du canton de Sumène (Gard), Imprimerie Jouve et Cie, 1921, 112 p.
Notes sur la paroisse et sur les églises paroissiales de Sumène, Imprimerie de Lafare frères, 1883
Des Mines de Houille et de Fer de Cavaillac, de Sumène et du Vigan (Gard) et du chemin de fer de ces Mines à Montpellier, Poussielgue, 1838, 24 p.
Église de Sumène, Gard, IMP'ACT Imprimerie, décembre 1996, 36 p.
Collectif, Sonnailles, Imp. des Cévennes - Sumène, 22 p.
Collectif, Chroniques de Sumène, Association De Memoria, 1993-juin 1994, 12 p.
Collectif, Le Suménois, Imp. des Cévennes - Sumène, années 1970.
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
L'indicateur de concentration d'emploi est égal au nombre d'emplois dans la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone, selon la définition de l'Insee.
Cartes
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
Répertoire géographique des communes, Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
Si Sumène m'était contée, dépliant patrimoine (non daté), office de tourisme Cévennes-Méditerranée, [lire en ligne].
«Inondation dans les Cévennes le 30 septembre 1958», sur le site de la confédération des riverains du Rhône et de ses affluents, de l'association Prévirisques et de l'association Carnon Environnement (consulté le ).
Eugène Germer-Durand, Dictionnaire topographique du département du Gard, Paris, 1868
Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éditions Larousse, 1968 (réédition Guénégaud 1979) p.665b.
Eugène Germer-Durand, op. cit.
Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, (ISBN2-87772-237-6), p.226-227.
Association Val de l'Elbès, Saint-Martial: des lieux et des hommes en terre cévenole: guide pour découvrir les patrimoines de la commune de Saint-Martial (Gard), mai 2013, 125 p.
Le Suménois no9, Journal local trimestriel du foyer rural
LVIXe (sic. LIXe?) congrès de la Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, Libertés locales et vie municipale en Rouergue, Languedoc et Roussillon, Montpellier, Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, (lire en ligne), p.63.
La sculpture sur meubles en Languedoc au XVIIesiècle, Henry Bauquier, Sonnailles, texte tiré des Cahiers d'Histoire et d'Archéologie. 9eannée. Nouvelle Série, 4e Cahier, 1946.
Isidore Boiffils de Massanne, Histoire de Sumène: des origines à la fin du 18e siècle, Sumène, Éditions du Vieux Pont, , 464p. (ISBN2-912151-02-3), p.35.
Isidore Boiffils de Massanne, Histoire de Sumène: des origines à la fin du 18e siècle, Sumène, Éditions du Vieux Pont, , 464p. (ISBN2-912151-02-3), p.60.
Chroniques de Sumène no5, Bulletin bimestriel d'histoire local.
Другой контент может иметь иную лицензию. Перед использованием материалов сайта WikiSort.org внимательно изучите правила лицензирования конкретных элементов наполнения сайта.
2019-2026 WikiSort.org - проект по пересортировке и дополнению контента Википедии