Lautenbach est une commune française située dans l'aire d'attraction de Mulhouse et faisant partie de la collectivité européenne d'Alsace (circonscription administrative du Haut-Rhin), en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Géographie
Vue sur Lautenbach depuis les hauteurs du village voisin de Lautenbach-Zell.
Lautenbach est un village du Haut-Rhin, dans le canton de Guebwiller et l'arrondissement de Thann-Guebwiller, situé sur la route entre Guebwiller et Linthal et sur la rive gauche de la Lauch, qui sépare la commune de celle de Lautenbachzell.
L'accès au village se fait par l'est, en empruntant la route départementale 430 par Guebwiller ou depuis la route nationale 83 par l'ouest, en allant vers la route des Crêtes par le Markstein.
C'est une des 188 communes[1] du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Lautenbach est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5].
Elle appartient à l'unité urbaine de Guebwiller, une agglomération intra-départementale regroupant 8 communes[6] et 28 756 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[7],[8].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mulhouse dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 132 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[9],[10].
Occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (86,7% en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (86,7%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (86,4%), zones urbanisées (9,3%), zones agricoles hétérogènes (3,9%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,3%)[11].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[12].
Histoire
En 810, Beatus, abbé de Honau, près de Strasbourg, fonda à Lautenbach un couvent qui fut érigé au XIIesiècle en collégiale. Le village de Lautenbach s'est édifié ensuite autour du monastère[13]. Les moines irlandais ont commencé à défricher la vallée sur les bords de la Lauch, puis à construire la première église sous le patronage de saint Michel. C'est à Mathias de Neuenbourg ou Neufchâtel, chanoine de cette collégiale, que l'on doit une chronique rédigée sous le règne de l'empereur Rodolphe Ier (1273) et achevée en 1350. Cette chronique fut poursuivie entre 1350 et 1378 par Albert de Strasbourg.
La patrie de Manegold de Lautenbach
Collégiale de Lautenbach.Arcades de la collégiale de Lautenbach.Henri et l'antipape Clément III. Mort de Grégoire VII.
C'est à Lautenbach qu'un célèbre théologien et philosophe connu sous le nom de Manegold de Lautenbach naquit vers 1030. Il enseigna et forma de nombreux disciples, dont le plus illustre fut Théoger de Metz (1050-1120), plus tard correcteur de manuscrits à l'abbaye d'Hirsau et évêque de Metz. Manegold se rendit dans plusieurs pays pour y enseigner la doctrine de la foi[14]. Il fut l'un des plus prestigieux docteurs de la foi français du milieu du XIesiècle[15].
On suppose que c'est à Paris que Manegold étudia les savoirs qu'il transmit à ses disciples. Il fut notamment l'un des maîtres de Guillaume de Champeaux (1070-1122) et de Gérard de Loudux. Il était marié et son épouse était elle-même une illustre enseignante. Il avait des filles qu'il forma à l'écriture sainte et qui plus tard enseignèrent à leur tour le savoir appris de leur père. Après la mort de son épouse, Manegold revint à Lautenbach dont le monastère érigé en collégiale le reçut au nombre de ses chanoines. La lettre de Ghebard de Salzbourg à Hermann de Metz sur l'excommunication de Henri IV fut très appréciée par sa pondération par Manegold de Lautenbach. En 1082, Wenrich de Trèves(en)[16] lança contre le pape Grégoire VII une virulente diatribe dans une lettre adressée à Thierry de Verdun, à propos de la querelle des Investitures qui opposa la papauté et le Saint-Empire romain germanique entre 1075 et 1122. Cette prise de position lui vaut alors l'évêché de Verceil[17].
Manegold prend alors la défense du pape et condamne sévèrement les agissements de cet écolâtre. Il rédige un pamphlet qu'il adresse à l'évêque Ghebard de Salzbourg dans lequel il s'élève avec force contre l'offense faite au Saint-Siège. Il réfute point par point les calomnies proférées en Allemagne par les partisans de Henri IV et démontre le bien-fondé des décrets réformateurs de Grégoire VII sur la simonie, le nicolaïsme et l'investiture laïque. Dans le même document, il condamne aussi les prétentions de l'empereur Henri IV qui nomme sans le consentement de l'Église les prélats. Ces écrits lui valent de nombreux ennemis et en premier lieu celui de l'empereur qui jure de le retrouver mort ou vif. Henri IV fait mettre à sac toute la vallée de la Lauch en 1082-1083 et fait mettre le feu au monastère de Lautenbach. Manegold a juste le temps de fuir et de se réfugier dans la montagne en attendant que la colère de l'empereur s'apaise. Manegold trouvera en 1085 asile à l'abbaye de Rottenbuch qu'il connaît déjà pour y avoir été prieur. C'est là qu'en 1094 Burckard de Gueberschwihr le découvre et lui propose de prendre en main les destinées de l'abbaye de Marbach qu'il vient de fonder cinq ans auparavant. Il accepte et emmène avec lui de nombreux disciples de Rottenbuch. Il y introduit la réforme de Saint Yves, évêque de Chartres, un de ses amis. L'abbaye de Marbach, célèbre dans toute l'Europe, devint le siège des Augustins en Alsace. Manegold est l'auteur de plusieurs manuscrits: Magistri Mangaldi contra Wolfelmum Coloniensem pusculum, Réponse à Winric pour Grégoire VII[18]; Un troisième écrit pour Grégoire VII; Manigaldi Teutonicorum doctoris glossarium super Psalterrium[19]; Histoire universelle, ms de la bibliothèque de l'Escurial, etc. En 1098, l'empereur Henri IV, apprenant que Manegold se trouve à Marbach, prépare sa vengeance. Il envoie des hommes qui le font prisonnier et l'empereur le fait enfermer. Il meurt le des suites des privations et de souffrance[20].
La communauté se reconstitue en chapitre de chanoines augustins
Entrée du centre du village de Lautenbach.
Après la destruction de la vallée par les troupes impériales de Henri IV, la communauté dispersée se reconstitua en Chapitre de chanoines augustins réguliers. La communauté entreprit la construction d'une nouvelle église collégiale vers la fin du XIesiècle. Le chapitre confie le patronage de l'église à Saint-Michel[Lequel ?] et Saint Gangolphe. Les chanoines habitent une maison canoniale[21], juste à côté de l'église. Selon Jean-Daniel Schoepflin[22], la reconstruction de la collégiale remonte au comte Werner de Habsbourg au XIesiècle, qui reçut l'approbation du pape Innocent II en 1137. Il aurait été en quelque sorte le bienfaiteur. L'abbé Philippe André Grandidier place la fondation de Lautenbach en 811. Il se base sur des textes des archives du chapitre extraits d'un ouvrage où figurent les dix-huit noms des religieux venus de Honau avec l'abbé Béatus. Une charte de l'année 786, en faveur de l'abbaye de Murbach, mentionne « une terre de Saint-Michel », située à Ungersheim. Le chapitre possédait des biens dans cette localité depuis 1183. En 1212, la collégiale de Lautenbach conclut des accords avec les chapitres de Marbach et de Schwartzenthann[23].
Les Habsbourg, protecteurs du chapitre collégial
Sous le règne des Habsbourg[24], ses avoués, le chapitre de Lautenbach connut une certaine prospérité. Cette aisance financière lui permit de construire d'autres églises, notamment dans les villages d'Ungersheim, Soultzmatt, Wintzfelden et Gundolsheim. Vers 1367, le Chapitre se porta acquéreur des biens de l'avouerie dans la commune et devint ainsi par la même occasion le seigneur temporel de la vallée qui s'étendit de la rive gauche de la Lauch jusqu'à la crête des montagnes. Une ferme dépendant du Chapitre est installée dans le hameau de Schweighouse où l'on élève et engraisse les bovins, d'où le nom du hameau, qui fait aujourd'hui partie intégrante de la commune.
Le chapitre est supprimé à la Révolution
Les chanoines furent propriétaires de la vallée de la Lauch jusqu'à la Révolution. Son territoire fut partagé entre les communes de Lautenbach et de Linthal. À cette époque, la culture était largement répandue et les habitants vivaient chichement de leur travail. Les autres biens de la collégiale furent vendus à des particuliers.
L'implantation de la première manufacture
La vallée est faiblement industrialisé au XIXesiècle. Pourtant vers 1835 un industriel anglais, Maurice De Jongh fait le pari de d'implanter une usine là où il trouve une main d'œuvre bon marché et laborieuse. À son apogée vers 1900, l'industrie textile se développe à un point tel que la population culmine à 2 200 habitants. Une ligne de chemin de fer est alors construite en 1884: elle relie Lautenbach à Guebwiller, cette dernière ville étant reliée à Bollwiller depuis les premiers travaux ferroviaires en vallée de la Lauch entre 1869 et 1870[25].
Mais survient la crise du textile dans les décennies qui suivent les années 1930 puis 1960, la population chute fortement et la ligne de chemin de fer est déclassée en 1991.
La Première Guerre mondiale
La commune a été décorée le de la croix de guerre 1914-1918[26].
Héraldique
Article connexe: Armorial des communes du Haut-Rhin.
Les armes de Lautenbach se blasonnent ainsi: «D'azur à Saint Michel archange d'or sur un dragon du même, qu'il transperce de sa lance de sable en barre.»
Le vallon de Saint-Gangolf
Ce lieu est ainsi dénommé parce qu'il se trouve près d'une source et d'une chapelle consacrées à ce saint. À l'emplacement de la chapelle a dû figurer primitivement une croix grecque, mais l'un des bras est absent et l'arcade où il devait s'ajuster forme aujourd'hui l'entrée de cet édifice rustique. Une dalle devant le maître-autel marque l'endroit où jaillit la source; de là par des conduits souterrains elle se rend à une jolie fontaine portant sur une colonne basse l'image du saint. chaque deuxième dimanche du mois de Mai, Le Saint est célébré, avec le concours des fidèles lors d'une messe en plein air. autrefois, le prêtre célébrait cette office du haut d'une chaire extérieure.
Saint Gangolf d'Avallon était un chevalier burgonde qui vivait à Varennes près de Langres, au temps de Pépin le Bref. En passant par la Champagne pour retourner chez lui, il s'arrêta au bord d'une source dont les eaux étaient si pures et bonnes à boire. Il proposa au paysan qui en était le possesseur de la lui acheter; celui-ci rit sous cape, espérant vendre sa source et la posséder tout de même; bref Gangolf d'Avallon lui fit compter cent sous et, de retour à Varennes, raconta son achat à sa femme qui rit à son tour et qui d'ailleurs le trompait avec un clerc. Gangolf planta ensuite son bâton dans le voisinage de sa demeure; le lendemain, manquant d'eau pour se laver, il ordonna à un de ses domestiques de retirer le bâton et d'apporter l'eau qui coulerait dessous. Le domestique obéit et recueillit l'eau de source qui n'était autre que celle du paysan. Gangolf cependant se sépara de sa femme et se retira dans sa propriété d'Avau, à deux lieues au nord de Varennes, mais le clerc son rival vint le trouver et l'assassina.
Ses deux tantes, Willetrude et Willegise firent rapporter son corps à Varennes. Les Acta sanctorum (tome II, p.642) ne placent aucune mention de leur récit en Alsace; cette province n'est désignée que dans la légende orale recueillie par M. Ingold et insérée par M. Stoeber dans l'Alsatia de 1864. D'après cette légende, lorsque Gangolf eut découvert l'infidélité de sa femme, il fit refluer la source dans son bâton et voyagea par monts et par vaux jusqu'à ce qu'il arriva sur une prairie couverte de plantes aromatiques et entourée de vertes forêts, dans le pays d'Alsace. Là il laissa couler la source et se bâtit une cellule bientôt visitée par de nombreux pèlerins.
Monastère Saint-Michel de Lautenbach
Eglise Saint Michel de Schweighouse Cne de Lautenbach 68610
En 840, Beatus, abbé de Honau, fonda à Lautenbach un couvent, qui fut érigé en collégiale à partir du XIIesiècle. Mathias de Neuenbourg, chanoine de cette collégiale, rédigea une chronique qui commence sous le règne de l'empereur Rodolphe Ier du Saint-Empire (1273) et finit à l'année 1350. De 1350 à 1378, la chronique continua sous Albert de Strasbourg. Daniel Schoepflin affirme que la fondation du monastère Saint-Michel est une création du comte Werner de Habsbourg au XIesiècle. Il se base sur une lettre du pape Innocent II de 1137. Il pourrait en réalité n'être qu'un bienfaiteur ou le reconstructeur.
Une charte en faveur de l'abbaye de Murbach mentionne « une terre de Saint-Michel » située à Ungersheim. Le chapitre de Lautenbach possédait des biens dans cette localité depuis 1183.
Politique et administration
Budget et fiscalité 2015
En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[27]:
total des produits de fonctionnement: 1 100 000 €, soit 683 € par habitant;
total des charges de fonctionnement: 903 000 €, soit 561 € par habitant;
total des ressources d’investissement: 213 000 €, soit 133 € par habitant;
total des emplois d’investissement: 453 000 €, soit 282 € par habitant.
endettement: 1 257 000 €, soit 781 € par habitant.
Avec les taux de fiscalité suivants:
taxe d’habitation: 9,45%;
taxe foncière sur les propriétés bâties: 11,00%;
taxe foncière sur les propriétés non bâties: 73,03%;
taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties: 0,00% ;
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[29]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[30].
En 2019, la commune comptait 1 492 habitants[Note 3], en diminution de 5,15% par rapport à 2013 (Haut-Rhin: +1,1%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
1 914
1 913
1 081
1 267
1 481
1 486
1 634
1 728
1 725
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1871
1875
1880
1885
1890
1895
1 877
1 983
1 993
1 519
1 981
2 163
2 110
2 091
2 082
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1900
1905
1910
1921
1926
1931
1936
1946
1954
2 168
2 162
2 049
1 814
1 786
1 716
1 502
1 401
1 394
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2008
2013
1 397
1 262
1 315
1 372
1 394
1 572
1 571
1 570
1 573
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2018
2019
-
-
-
-
-
-
-
1 497
1 492
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[31] puis Insee à partir de 2006[32].)
Histogramme de l'évolution démographique
Lieux et monuments
Collégiale Saint-Michel et Saint-Gangolphe de Lautenbach
Article détaillé: Église Saint-Jean-Baptiste de Lautenbach.
Date du XIIesiècle. Classée monument historique, son porche est un chef œuvre de l'art roman. Contient en sus de nombreuses œuvres d'art religieux de diverses époques (stalles, verrières et Vierge du XVesiècle), un remarquable mobilier baroque, dont une chaire sculptée du XVIIIesiècle[33],[34],[35],[36],[37],[38].
C'est à partir du début du XIIesiècle que fut construite l'église canoniale occupée par des chanoines augustins qui fut entourée de maisons de l'époque qui témoignent du rayonnement de « l'insigne chapitre collégiale Saint-Michel » et saint Gangolphe, seigneur de la vallée de Lautenbach [39],[40].
L'église de Lautenbach est un édifice d'architecture romane de l'époque ottonienne construite à partir d'une basilique à trois nefs et d'un vaste chœur carré. Le côté ouest abritait le porche ou narthex de style roman et les restes d'un beau cloître de la dernière époque du style ogival. Le porche est surmonté d'une chapelle supérieure consacrée à saint Michel, autrefois voûtée qui donnait sur la nef. L'église est dotée d'un clocher qui date de 1862 qui remplace celle du XVesiècle qui occupait la tour centrale gothique. La duchesse de Bade, une parente de Napoléon III y a apporté son aide financière dont l'aigle figurant sur la Tour (fortification) rappelle l'inauguration. Le carillon installé sur le clocher date de 1924. Les murs de l'église, sur le bas côté, sont très anciens et pourraient dater du XIesiècle. Ce sont les anciens vestiges de l'église primitive dont on trouve encore des sculptures d'époque et au sud, un linteau roman. Dans la nef se trouve une cloche de 1671 du fondeur J. Rodt de Bâle. L'intérieur de l'église a subi depuis des transformations. On y admire encore de beaux vitraux. La chaire possède de belles sculptures; elle est une des plus intéressantes d'Alsace. On y voit le bon pasteur et les quatre Évangélistes, dominés par un saint Michel pesant les âmes debout sur l'abat-voix. C'est un des chefs-d'œuvre de l'art allemand du XVIIesiècle. Une chapelle gothique que l'on voit encore sur le cimetière, formait le chœur de l'ancienne église paroissiale.
Le porche ou Narthex:
C'est la partie la plus remarquable de l'église romane. Il date du XIIesiècle et tire sa réputation des formes élaborées et des proportions harmonieuses de l'ensemble. À gauche du porche on remarque des frises qui illustrent le péché de l'adultère et à droite l'homme en proie aux passions. À l'angle sud-ouest du porche on trouve des personnages qui attendent le jugement réservés aux pêcheurs. Le tympan, martelé à la Révolution comportait un Christ dans une mandorle entouré des saints patrons de l'église: saint Michel et saint Gangolphe (martyre de la fidélité conjugale). Le porche est surmonté d'une chapelle supérieure dédiée à saint Michel.
Le clocher:
Il date de 1865, et remplace la lourde tour centrale gothique du XVesiècle. Les aigles du couronnement rappellent l'aide qu'a apportée une parente de Napoléon III. Le carillon date de 1924.
Le transept:
Sur son bras sud on aperçoit encore les vestiges d'une abside démolie au cours du XVIIIesiècle. Dans le jardinet qui le remplace sont exposés des sarcophages romans découverts lors des fouilles aux pieds du chœur. On y distingue sur l'une des dalles mortuaires la gargouille à bonnet juif. Au nord l'abside a cédé la place à une sacristie du XIIIesiècle, rectangulaire à voûtes d'arêtes surmontée de la chapelle dite « des archives ».
Le chœur:
À chevet plat et de style gothique, ses frises tréflés et ses hautes fenêtres à lancettes, datent également du XIIIesiècle.
Les murs des bas côtés:
Il s'agit de la partie la plus intéressante de l'église (fin du XIesiècle). On y trouve des pierres sculptées d'entrelacs: ce sont des remplois de l'église primitive, tout comme, au sud, un linteau roman d'interprétation malaisée.
Restauration de la collégiale:
La collégiale a subi au cours de son histoire plusieurs campagnes de restauration dont la plus récente entre 1989 et 2001 pour redorer les décors datant du XVIIesiècle. La restauration précédente en 1931 avait rendu à la nef ses colonnes et ses arcades romanes, recouvertes de stuc au cours du XVIIIesiècle pour les harmoniser avec le mobilier baroque.
Monuments funéraires dans le transept:
Plusieurs tombes sont situées dans le transept droite. On reconnaît notamment les dalles funéraires du chanoine Meisterzheim, curé réfractaire de la paroisse sous la Révolution, décédé en 1801. Au sol on remarque les dalles funéraires des chanoines du XVeauXVIIIesiècle. À gauche dans le transept il y a la dalle mortuaire du prévôt A.I. Muller (1684-1750)[41], à côté de l'autel de Saint Wendelin, patron des bergers et bouviers avec un bas relief du XVesiècle. Un peu plus loin se trouve l'autel de la déposition daté de 1726 avec les statues de Saint Pierre à gauche et Saint Paul à droite, Saint Jean Népomucène (martyr de la confession) en médaillon[42],[43], puis un peu plus loin un reliquaire du XVIIesiècle. Dans transept gauche, on trouve l'autel du rosaire édifié en 1718, la statue de Catherine d'Alexandrie à gauche[44],[45], sainte Barbe à droite autour de la Vierge en médaillon. En continuant on remarque l'autel du précieux sang de 1719[46]. Plus loin se trouve la pierre tombale du chanoine Rechburger dont le décès remonte à 1513[47].
Porche roman.
Chapiteau roman du porche.
Sarcophages romans découverts lors des fouilles aux pieds du chœur de l'église et exposés dans le jardinet qui se trouve à l'extérieur.
Pierres sculptées d'entrelacs faisant partie de l'église primitive.
Dalle funéraire (XVe-XVIe) des chanoines de la collégiale située à droite du transept.
Dalle funéraire des chanoines de la collégiale.
Clocher néo-roman (XIXe).
L'église a été réaménagée au XVIIIe. Elle comporte de nombreux objets classés ou inscrits monuments historiques: orgue[48],[49],[50],[51], autels, chaire.
Vue intérieure de la nef vers le chœur.
Maître-autel (1706).
Autel du Rosaire (1718).
Autel du Précieux-Sang (1719).
Autel de Saint-Wendelin (1719).
Vue intérieure de la nef vers la tribune d'orgue.
Chaire à prêcher (XVIIIe).
Orgue de tribune Toussaint (1771).
Le monument aux morts
Monument aux Morts du hameau de Schweighouse, près de l'église[52],[53].
Tilleul de Lautenbach
Devant la collégiale, on peut admirer les fameux tilleuls de Lautenbach dont l'un aurait été planté lors de la révolution française de 1848.
Chapelle Saint-Gangolphe à Schweighouse, commune de Lautenbach.
Près du hameau de Schweighouse se trouve le pèlerinage de Saint Gangolphe (ou Gangolf) [60] dont le saint est considéré comme un martyr de la fidélité conjugale. Le chapitre fit élever à cet endroit une chapelle dont la construction fut achevée en 1446. Au XIXesiècle, la chapelle est victime d'un incendie. Cependant, le chœur qui abrite des peintures de 1450 richement décorées a été épargné. La petite chapelle présente encore deux statues à l'image de Saint Gangolphe. Grâce aux bénévoles des Amis de Saint-Gangolphe, la chapelle est ouverte uniquement les dimanches entre 15 heures et 18 heures jusqu'au . Non loin du pèlerinage, le hameau de Saint Gangolphe s’est constitué autour de l’ancienne tuilerie du Chapitre.
Chapelle du Kreutzbach
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L'oratoire près de la chapelle Saint-Gangolphe[64].
Mairie
En contournant les bâtiments de la mairie, dont l'édifice faisait partie de l'ancienne prévôté du chapitre, on accède à une porte à arc brisé aux restes d'un cloître gothique daté de 1517 (inscription au-dessus de la porte)[65],[66].
Mairie.
Ancien bâtiment conventuel (1517), aujourd'hui mairie.
Porche et galerie du cloître.
Fenêtre et relief « St-Michel » du cloître.
Personnalités liées à la commune
Maison natale de Jean Egen (1920-1995) journaliste-écrivain, auteur des tilleuls de Lautenbach.
Manegold de Lautenbach (v. 1030 - 1103): chanoine, théologien.
Jean Egen: écrivain et journaliste.
Edmond Gerrer (1919-1996): natif de Lautenbach et maire de Colmar. Inhumé à Lautenbach.
Baquol: L'Alsace ancienne et moderne: dictionnaire topographique, historique et statistique du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 1865
Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée Bleue, , 663p. (ISBN2-7165-0250-1)
Lautenbach, pp. 206 à 208
Michel Hérold et Françoise Gatouillat, Les vitraux de Lorraine et d'Alsace, Corpus vitrearum, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Paris, CNRS Editions Inventaire général, , 328p. (ISBN2-271-05154-1)
Recensement des vitraux anciens de la France, Volume V, Lautenbach, Eglise Saint-Jean-Baptiste, ancienne collégiale Saint-Michel-et-Saint-Gangolf, pages 289 à 291
Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal, 4ème trimestre 1979, 1287p. (ISBN978-2-86535-070-4 et 2-86535-070-3)
Lautenbach, p. 664
Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, no4, 1982, no787: Guebwiller et le Florival,
Chatillon, François: Revue du Moyen Âge latin 9, 1953, p.153-170
Chatillon, François: Recherches critiques sur le différents personnages nommés Manegold, Revue du moyen âge latin 9, 1956
Fabricius, J.A: Bibliotheca latina mediae et infimae aetis, 5 (1736) S. 13 ff (Bibliothèque nationale, Paris)
Nuss, Philippe: Les Habsbourg en Alsace, des origines à 1213. Recherche pour une histoire de l'Alsatia Habsburgica. Société d'Histoire du Sundgau, Altkirch, 2002, 542 pages
Stintzi, P. & Haaby, Charles: Murbach und Lautenbach, Alsatia, Sélestat, 1961, 20 pages (en allemand)
Wilfried Hartmann: Manegold Von Lautenbach - Liber Contra Wolfelmum, Hermann Böhlaus Nachfolger. Weimar, 1972 (ouvrage en latin)
(fr) Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel du ministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région Alsace
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
«Village», notice noIA00055100, base Mérimée, ministère français de la Culture.
Chronicon, Hanoverae, 1698
Histoire de l'univers, Paris, 1665, t.1, p.347.
ou Winric (ou Weinrich) de Trêves
Verceil, ville italienne dans la région du Piémont. Sous l'empire français, 1802-1814, Verceil fut annexée à la France, puis retourna au Royaume de Sardaigne à la Restauration
l'abbé Grandidier a découvert ce manuscrit à Karlsruhe dans la bibliothèque du margrave de Bade
Ce manuscrit se trouvait selon Grandidier à l'abbaye de Saint-Allire de Clermont en Auvergne
Le jour du décès de Manegold est mentionné par le nécrologe de Zwiefalden (Wurtemberg) le 24 mai 1103
«Ensemble canonial», notice noIA00055101, base Mérimée, ministère français de la Culture.
Alsatia Illustrata, t. 2, p.448.
Le couvent de Schwartzethann se trouvait autrefois dans le hameau de Wintzfelden, près de Soultzmatt. Le couvent est aujourd'hui complètement ruiné
Les Habsbourg sont connus aussi sous le nom de Maison d'Autriche
Historique rappelé au plan d'occupation des sols, page 15: Dans son “étude sur lʼutilisation de la force hydraulique”, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges analyse les sites industriels à valeur patrimoniale
Notice noIM68000383, base Palissy, ministère français de la Culture Dalle funéraire d'Antoine Ignace Müller
Notice noIM68000399, base Palissy, ministère français de la Culture Tableau: saint Jean Népomucène embrassant la croix
Notice noPM68000219, base Palissy, ministère français de la Culture autel retable de la Déposition, 2 statues: saint Pierre, saint Paul de Tarse, 2 tableaux: saint Jean Népomucène, Déploration
Notice noPM68000218, base Palissy, ministère français de la Culture autel du Rosaire, tabernacle, retable, 2 groupes sculptés: Remise du Rosaire par la Vierge et l'Enfant à Saint Dominique et à Catherine de Sienne, Sainte Parenté, 15 tableaux: mystères du Rosaire, 2 statues: sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Barbe
Notice noIM68000396, base Palissy, ministère français de la Culture 2 statues: sainte Barbe, sainte Catherine d'Alexandrie
Notice noPM68000220, base Palissy, ministère français de la Culture autel du précieux sang, retable: calvaire
Notice noIM68000382, base Palissy, ministère français de la Culture Monument funéraire de Burkard Rechburger
Notice noPM68000221, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune: buffet d'orgue
Notice noPM68000222, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune: partie instrumentale de l'orgue
Notice noPM68000895, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune
Ce noble guerrier a participé aux opérations militaires menées par Pépin le Bref entre 741 et 768. Il apparaît dans un contrat datant de 762 sous Pépin le Bref évoquant « Gangolf de Bourgogne ».
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