Randonnai est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Tourouvre au Perche[1]. Elle est peuplée de 733 habitants[Note 1](les Randonéens).
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Albert Dauzat a ignoré ce nom, mais sa disciple Marie-Thérèse Morlet y a vu une formation gallo-romaine en -acum reposant sur le nom de personne germanique Rando, d'où l'étymon gallo-roman tardif *RANDONACU, «(le domaine) de Rando»[5].
Selon René Lepelley, ce toponyme serait issu du latinarundo, « roseau », et signifierait « endroit où il pousse des roseaux »[6]. Cette interprétation se heurte néanmoins à quelques difficultés d'ordre phonétique (évolution [u] > [a]); il n'existe en outre aucune trace probante de l'aphérèse *ARUNDONETU > *RUNDONETU[7]. Enfin, ce mot latin n'a laissé aucune trace en Normandie.
Ernest Nègre, comme Albert Dauzat, ne mentionne pas ce toponyme dans sa Toponymie générale de la France[8].
Selon Xavier Delamarre, il s'agirait d'un toponyme dérivé du mot gaulois *randa «frontière», «limite». Randonnai serait alors issu de *randonacum, «le domaine frontière»[9]. Cette explication semble confirmée par le fait que le village se situe effectivement au point de rencontre des diocèses de Sées (ancien territoire des Esuvii), d’Évreux (ancien territoire des Eburovices) et de Chartres (ancien territoire des Carnutes)[7].
Histoire
Avant ou après la création des communes sous la Révolution, l'ancienne paroisse (puis commune?) de Conturbie fut rattachée à Randonnai entre 1785 et 1803[10] (et probablement en 1790)[11]. Ce rattachement n'est pas signalé sur le site Cassini de l'EHESS[12]. La paroisse, attestée dès 1173 sous la forme Contrabis[13], apparaît pour la dernière fois en tant que telle sur la carte de Cassini. Ce n'est plus qu'un lieu-dit sur la carte de l'IGN[14].
Héraldique
Les armes de la commune de Randonnai se blasonnent ainsi: Écartelé: au premier d'azur semé d'étoiles d'argent aux deux annelets entrelacés d'or brochant sur le tout, au deuxième d'argent aux trois chevrons de gueules, au troisième d'argent à la feuille d'érable de sinople, au quatrième de sinople au cerf d'or[15].
Blason populaire
Conturbie, Bresolettes et Prépotin / Ne peuvent à elles trois nourrir un lapin[16]. — Allusion à la stérilité et donc la pauvreté du terroir, selon Alfred Canel[16]. Il est probable que ce blason évoque plutôt l’exiguïté initiale du territoire des trois anciennes paroisses.
Conturbie, douze habitants, treize voleurs, en comptant le curé[17]. — Même remarque.
Le conseil municipal était composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[18].
Démographie
En 2018, la commune comptait 733 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2004, 2009, 2014, etc. pour Randonnai[19]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].
Randonnai a compté jusqu'à 1 458 habitants en 1975.
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1836
1841
1846
1851
1856
509
497
487
654
656
646
680
641
638
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1901
630
630
542
550
649
559
548
614
631
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1962
657
652
647
588
610
600
590
583
746
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1968
1975
1982
1990
1999
2004
2009
2014
2018
942
1 458
1 305
935
817
800
814
712
733
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique
Économie
La principale entreprise de Randonnai a été durant de longues années La Société des fonderies et ateliers de Randonnai, connue sous le sigle SFAR, créée à Randonnai en 1929 par André Metra.
De nombreuses usines et activités de transformation des matières «ferreuses» étaient déjà présentes sur le site ou dans les environs depuis plusieurs siècles (dont la commune proche du chef-lieu de canton Tourouvre).
La SFAR est rapidement devenue une des entreprises clés du canton, et son histoire est étroitement mêlée à celle du village. Employant plus de 800 personnes dans les années 60 / 70, spécialisée dans la fonderie de pièces techniques de grandes dimensions destinées aux marchés de l'automobile et plus particulièrement du machinisme agricole (tracteurs).
La SFAR a ainsi fourni des blocs-moteurs en fonte, des corps de boîtes de vitesses et d’embrayage à SOMECA, FERGUSSON, John Deere et surtout à l’entreprise américaine Ford de Détroit. Tout en conservant une activité historique de fabrication de réservoir de chasse d’eau qui à l’époque était réalisées en fonte.
À sa fermeture en 1982, la SFAR comptait encore presque 400 salariés.
La société originelle SFAR s'est agrandie au fur et à mesure des années, avec une activité de fonderie de bronze (Pontchardon à côté de Vimoutiers plus au nord, et toujours dans l'Orne), une fonderie d’aluminium à Houilles dans les Yvelines (à l'époque en Seine-et-Oise). Son siège social a été localisé à Bezons dans les années 1970.
Lieux et monuments
Église Saint-Malo du XVIesiècle. Elle abrite plusieurs œuvres classées à titre d'objets aux Monuments historiques dont un retable classique avec toiles de Saint André et Saint Sébastien[21].
Manoir de Belle Perche.
Ruine de l'ancienne église paroissiale de Conturbie, dédiée à sainte Marie-Madeleine.
Forêt du Perche et réserve naturelle régionale de la Clairière forestière de Bresolettes.
Activité et manifestations
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Personnalités liées à la commune
Pierre Tremblay (1626-1687), pionnier de la Nouvelle-France, ancêtre des Tremblay du Québec et d'Amérique du Nord, originaire de Randonnai.
Famille Tavernier, originaire de Randonnai, pionniers de la Nouvelle-France[22].
René Bucaille, (1920 à Randonnai - 1986), directeur de la photographie.
Voir aussi
Liste des communes de l'Orne
Paroisse Sainte-Anne-du-Perche
Notes et références
Notes
Population municipale 2018.
Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Marie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIeauXIIesiècle, Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985, p. 431b.
René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN2-95480-455-4 (édité erroné), BNF36174448), p.206
Dominique Fournier, «L’expression de la limite dans la toponymie normande», in Bulletin de la Société historique de Lisieux no76 (deuxième semestre 2013), p.91-92.
Ernest Nègre, Toponymie Générale de la France, Droz, Genève, t. I 1990, t. II et III 1991.
Xavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, éditions Errance, 2012.
L'agglomération est attestée à cette dernière date en tant que hameau de Randonnai chez Louis Charles Nicolas Delestang, Chorographie du IVe arrondissement communal du département de l’Orne, ou du district de la sous-préfecture de Mortagne, Marre fils, Argentan, 1803, p. 108.
Alfred Canel, Blason populaire de la Normandie comprenant les proverbes, sobriquets et dictons relatifs à cette ancienne province et à ses habitants, Rouen-Caen, 1859, t. I, p. 170.
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