La Roque-en-Provence, précédemment nommée Roquestéron-Grasse[1], est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
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La Roque-en-Provence
En hauteur l'église Sainte-Pétronille, en contrebas l'Estéron.
Blason
Administration
Pays
France
Région
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département
Alpes-Maritimes
Arrondissement
Grasse
Intercommunalité
Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis
Maire Mandat
Alexis Argenti 2020-2026
Code postal
06910
Code commune
06107
Démographie
Gentilé
Roquerois
Population municipale
68 hab. (2019 )
Densité
2,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées
43° 52′ 18″ nord, 7° 00′ 20″ est
Altitude
Min. 289 m Max. 1 565 m
Superficie
23,78 km2
Unité urbaine
Commune rurale
Aire d'attraction
Nice (commune de la couronne)
Élections
Départementales
Canton de Vence
Législatives
Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte: France
La Roque-en-Provence
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La Roque-en-Provence
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La Roque-en-Provence
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La Roque-en-Provence
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Géographie
Vue de la Roque-en-Provence (ex Roquestéron-Grasse) depuis le pont de France qui la relie à Roquestéron.
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Dans les Préalpes de Grasse, la commune se situe au nord de la chaine du Cheiron et au sud de la rivière Estéron qu'elle borde et qui forme une courbe où se jette le ruisseau Riou au goulet du Peïroulet.
La Roque-en-Provence est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 100 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[5],[6].
Occupation des sols
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (99,1% en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99,1%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (95,6%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5%), zones agricoles hétérogènes (0,8%)[7].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].
Toponymie
Appelé à l'origine Roccasterone, la Rocca ou Rocha, la Roccha de Sterono, Roca-Staroni3 ou Rocca Steronis, le village est nommé «la Roque-en-Provence» lors du partage de 1760 ou «Roque d'Estéron» «devenue française»[9].
À la fin du XVIIIesiècle, il est fait mention dans les actes civils de la «Roque Estéron». Le nom définitif passe en 1793 de «la Roque Stéron» à «la Roquestéron», l'article disparaissant l'année suivante, en l'an III de la République. Dénommé la Roque-Var au cours du XIXesiècle, ou à nouveau Roque d'Éstéron[9], il devient Roquestéron-Grasse en 1860.
Il n'est pas rare de lire le vocable Roquesteron désigner ce village dans son histoire, ce qui peut entraîner des confusions mais n'est pas en contradiction avec son passé: il n'y a qu'un seul village jusqu'en 1760, de plus l'actuel Roquestéron porte officiellement le nom de Roccasterone sous l'administration sarde. Par ailleurs, les deux communautés portent le même gentilé.
Un texte littéraire et historique parle de la période de la division de la communauté en deux[10].
Dans la langue occitane parlée des deux côtés de l'Estéron, le village s'appelle Sa Ròca en graphie occitane, Sa Roco en graphie mistralienne avec l'article "sa" typique de la région (ou La Ròca, La Roco avec l'article provençal commun)[11].
L'étymologie est assez claire: le rocher (fortifié) de/sur l'Estéron, selon une onomastique classique à préfixe oronymique roque-, avec les dérivés rochette, roquette... L'étymologie de la rivière demeure plus obscure. Celle du Peïroulet est rattachée selon Giauffret au sens de chaudron (peiroulet en niçois[12], pairol en occitan[13]), à moins que la notion de pierre, rocailleux, n'y soit présent comme pour les communes de Peyroules ou Peyrolles.
Un décret du , paru au Journal officiel du modifie le nom officiel de la commune, qui passe de Roquestéron-Grasse à La Roque-en-Provence[1].
Histoire
La présence antique
Si la présence humaine est attestée dans la vallée dès le Néolithique (pierres polies à Sigale), elle l'est éventuellement dès l'Age du Bronze sur le site même du village qui a révélé des objets de ce métal[14]. Octobon y répertorie un site protohistorique, tandis de G. Bretaudeau y voit un «emplacement logique» de camp ligure avec enceinte «possible, sinon probable»[15]. Peut-être la peuplade ligure des Velauni, mentionnée sur le Trophée des Alpes, a-t-elle habité le terroir.
La présence romaine est au moins assurée, comme en témoignent un cippe[Note 3] bordant probablement la route carrossable secondaire (dite de nos jours Voie romaine, rue de Roquestéron), en rive gauche, qui reliait Vence à Castellane (ou au moins une bifurcation secondaire menant à Glandèves[16]), un mortarium découvert à Entrevignes[15], ainsi qu'un épigraphe encore visible sur une façade du village, en bordure de la route départementale. À présent quasiment illisible, Giauffret note que l'inscription lapidaire d'un certain Titus mentionne: Parsius Capitus paternus (son père), décurion âgé de 75 ans. L'auteur cite aussi une inscription trouvée dans les contreforts du Cheiron, après Gerbières: Caius, Secondus pasternus [sic], fils de Caius du hameau de Valocie, guéri d'une grave maladie s'est acquitté de son vœu en dédiant son offrande au dieu Hêtre[17].
Un siècle avant l'auteur roquérois, Edmond Blanc fit une description plus précise des deux gravures dans la Revue archéologique[18]. Après le récit de sa découverte à Gerbières, il transcrit les lettres «peu soignées» FAGO DEO C SECVNDVS CF.PATERNVS EXPAG.STAR VIC.VEL GRAV.INF.[?] V S L M, interprétées ainsi: «Fago deo, Caius Secundus Caii filius paternus ex pago Star(oni), vico Vel(acio), gravi infirmitate liberatus, votum solvit libens merito». À proximité est gravée une dédicace à une source: BIBE MVLTOS ANNOS BIBAS.[Note 4]
L'inscription du village (du susdit Titus, fils du décurion Marcus Cupitus[19]?) est transcrite ainsi: M.CVPITI.PATERNI.DECVRIONI. A LXXV TVTVS [sic] FIL. Enfin, il décrit le cippe de la rive gauche:
«je découvris une stèle funéraire en trop mauvais état pour pouvoir être lue, mais je pus y reconnaitre les sigles du duumvir, IIV, et du centurion ɔ; à la fin de la quatrième ligne la syllabe INI, et à la dernière, presque en entier, les mots IVI//////VERVNT, vici posuerunt. Au-dessous et dans un carré se trouvait gravée, en relief, une courte épée; au-dessus, dans un triangle, un croissant et deux objets trop frustes pour pouvoir être déterminés. Il ressort, ce me semble, clairement de tout ceci, que Roquestéron existait à l'époque romaine sous le nom de pagus Staro, et qu'il y avait une administration municipale assez complète, puisqu'on y retrouve des décurions et des duumvirs»
Enfin, plus monumental mais de datation incertaine, une pile-culée de pont (base d'aqueduc pour Giauffret) est visible dans le coude du Peïroulet, sous l'actuelle passerelle.
Pour les auteurs sus-mentionnés, ces vestiges, la mention de décurion et de duumvir, voire de patronymes latins, attestent d'une organisation municipale conséquente avec une administration pouvant placer le bourg à la tête du Pagus staroni.
Au Moyen Âge, un territoire tripartite
Après les siècles «obscurs» du Haut Moyen-Âge, où les sources font défaut[Note 5], le premier seigneur connu de «l'ancien castrum de la Rocca»[17], Raymond Rostaing, donne en 1025 et 1046 des terres («du ruisseau Albas - le Blanc - et Incisius - l'Entaille - jusqu'au fleuve Estéron»[17]), des biens et l'église Saint Jean-Sainte Marie à l’abbaye de Lérins qui fonda un prieuré[20]. Cet édifice, modeste, se tenait peut-être sur l'emplacement de la chapelle Sainte Pétronille, en haut de la colline portant le village, à moins qu'il ne s'agisse du futur prieuré de la Haute-Olive. En 1074, Laugier (Laugerie) le Roux, inféodé aux comtes de Provence, devient par mariage le seigneur de la Rocca. Les Laugier-Rostaing de Thorame-Castellane conserveront le fief jusqu'à la dédition à la Savoie. Ils érigent un castrum de la Rocha[21] au XIIesiècle, un poste de guet avec enceinte[Note 6] (cité en 1252[15]) et une chapelle, l'actuelle église Sainte Pétronille. Un autre castrum fut érigé dans le hameau de Gerbières[Note 7] (castrum de Garberii[21],[22]). Vers 1211, le village se peuple et plusieurs familles Alziari viennent d'Italie s'y installer[Note 8]. Au début du XIIIesiècle encore, l'aristocratie locale s'étant rebellée contre l'autorité du comte de Provence, celui-ci prend Gerbières, y maintient une garnison, et établit un autre castrum/hameau («bastide de siège» pour Edmond Rossi) à la Haute-Olive, dans les montagnes au sud du village, le «castrum de Sancti Johannis de la Rocha»[21]. Un prieuré Saint Jean de Moustiers (ou de Mousteyret[22], «du monastère»[23], ou encore Moustier de Saint Honorat) y est fondé et donné là encore à Lérins. Une famille de petite noblesse, les Saint Jean, développe le lieu au cours du Moyen-Âge. À la fin du XIIIesiècle, Raymond Féraud, illustre prieur, troubadour lettré affilié à l'aristocratie locale[24], y écrit une partie de La Vida de Sant Honorat[21],[17]. Il l'introduit puis l'achève en 1300 par ces mots[25],[17]:
«Hom l'appella Raymon Feraut
En la Roque tenc sa mayson
Priols en la val d'Estaron
E de l'Oliva pres d'acqui
[...]
Que l'an de Diou milet tre cen
Compli lo priol son roman
A l'onor de Diou et dei sants
En la Roccat en sa mayson
Priol en la val d'Esteron
E de l'Oliva pres d'acqui»
L'archéologue médiéviste Jean-Claude Poteur présente une lecture plus hardie des sites médiévaux: selon lui, le vaste domaine de la Haute-Olive, d'origine antique, accueillait depuis le XIesiècle au plus tard un prieuré dédié à Notre Dame et Saint Jean (Moustiers de Saint Honorat). Le château, «la Rocca», des seigneurs du lieu aurait été construit à Gerbières. Ce fut le premier castrum, avant qu'ils ne se replient sous le siège du Comte de Provence (vers 1230-1240) pour construire les fortifications sises à l'église (milieu du XIIIesiècle) qu'il nomme Saint Arige, future Sainte Pétronille, et surtout y fonder un nouveau village. Le donjon/tour de guet est complété par une enceinte dans la seconde moitié du XIVesiècle, alors qu'est construit une nouvelle forteresse à Gerbières, délaissée après 1388. Il est vrai qu'un texte mentionnent «l'ancien castrum de la Rocca» et un cartulaire du XIesiècle que l'église Saint Jean (le prieuré de l'Olive ou Saint Arige/Sainte Pétronille) est située entre le castrum de la Rocca (à Gerbières donc) et celui de Cuébris[20]. Des textes de 1351 et de 1376 mentionnent à la fois Saint Jean de la Roque et l'église Saint Erige de Roquestéron[25]. Il semble toutefois difficile d'imaginer l'absence d'occupation du site stratégique du Peïroulet entre l'époque gallo-romaine et le XIIIesiècle, d'autant qu'un texte des environs de 1232 distingue le castrum de Garberiis de celui de la Rocca, et que le site de Gerbières ne paraît pas propice à accueillir toute une communauté villageoise. Féraud, demeurant «à la Roque», semble à la fois «prieur dans la vallée de l'Estéron» et à l'Olive, ce qui peut suggérer l'union de deux prieurés «Saint Jean», de toute façon faiblement habités (jusqu'au minimum de deux religieux)[25], auxquels sera adjoint le prieuré des Ferres, en 1325[17]. À la fin du XVIesiècle, le premier registre de catholicité mentionne aussi un prieur et le nom de l'église: «Hiou, Jan Frances Arnaud, prior de la gliso parrochialo de Sant Eriei...»[26].
Jusqu’en 1388, la Rocha demeure provençale. Cette année-là, Grimaldi de Bueil se rallie aux durassiens contre la Provence angevine et dédie le comté de Nice à la Savoie. La frontière apparait sinueuse, le village fait partie d'une avancée savoyarde (jusqu'à le Mas/Aiglun) en terre provençale. Inversement, Saint Antonin et la place-forte de Cuébris voisine forment une pointe étrangère. Ainsi, la Rocca devient territoire frontalier (et plus encore en 1760) pour un demi-millénaire. Le castrum de Gerbières est abandonné lors de la dédition. Les Laugerie-Rostaing, fidèles aux angevins, sont écartés et les biens de la Rocca sont attribués à la famille de Glandevès et d'autres terres au chevalier des Ferres, avant de revenir aux Grimaldi au cours du XVesiècle[17]. La seigneurie est accordée à André Acchiardi en 1598, à Balthazar Siméon en 1672.
Extension et séparation à l'époque moderne
À la fin du Moyen-Âge, le village accroché au flanc du rocher qui domine l’Estéron sur la rive droite, descend vers la rivière, la franchit et peu à peu, le faubourg rive gauche cultivé se couvre de bâtisses, certaines construites par les familles de notables Saint Jean («borgho Sangian»[26]) et Alziari; le fils du notaire Claude Alziari, Jean, est investi en du nouveau comté de Malaussène[27]. Les Roverizzio de Pianova, ou Pianavia Roverizio, de San Remo, deviennent comtes de la Rocca Sterone en 1722 (Roverizzio di Roccasterone)[28]. Au début du XVIIIesiècle, l'église Sainte Pétronille est fortifiée, les combles surélevés pour créer un corps de garde avec meurtrières pour armes à feu.
C'est avec le traité de Turin de 1760 que l’Estéron devint la frontière entre la France et les États de la Maison de Savoie (royaume de Sardaigne)[29]. Une frontière au tracé simplifié[Note 9] mais qui sépare le village en deux: le berceau originel revient en territoire provençal (Royaume de France depuis 1481) et prend le nom de La Roque en Provence/La Roque d'Estéron. Séparé par la rivière et le «Pont de France»[30], le faubourg rive gauche acquiert une identité administrative sarde et conserve le nom de Roccasterone, le futur Roquestéron qui sera rattaché à la France en 1860 avec le toponyme de Roquesteron-Puget. Les habitants continuent de jouir de leurs biens de part et d'autre du tracé, la paroisse et ses registres, souvent en français, demeurent uniques jusqu'en 1774. La titulature Saint Arige, ainsi que des objets du culte et une cloche, ont été transférés dans la nouvelle église en construction depuis 1735, rive gauche[25],[26]. La communauté subit les remous des guerres de la Révolution: le village est occupé, voire saccagé par les troupes austro-sardes ou les milices barbets[9], des troupes républicaines sont encasernées dans l'église Sainte Pétronille durant six mois en 1792[26].
Après un pic démographique au milieu du XIXesiècle, moment où le village français accueille un «cabaretier», une tuilerie et des moulins[22], un poste des douanes royales et plusieurs orphelins de l’Hospice de Grasse[9], sa démographie chute des cinq sixièmes en un siècle.
Le village après le Pont de France.
Vue actuelle du village.
Vue du village au début du XXesiècle.
L'église Sainte Pétronille.
La passerelle enjambant l'Estéron.
Fontaine-lavoir sur la D1.
Place Saint François, ornée des armoiries municipales.
Vue générale, depuis le Nord.
Borne frontière sur le pont: la fleur de lys de la France (reconstitution). La borne originelle, au XVIIIesiècle, était un poteau de bois, à la différence de celle du pont de Sigale, toujours visible.
Borne frontière sur le pont: la croix de la Maison de Savoie.
Armes du royaume de France.
Armes de la Maison de Savoie.
Le département des Alpes-Maritimes utilise un logo où l’on retrouve le lys et la croix de ce type de borne frontière.
Carte française de la région de Roquestéron, en 1760, illustrant la nouvelle frontière. Le village n'est encore mentionné que sous un seul nom.
Plan de la Roque-Estéron en 1841.
Plan général de la commune avec lieux cités, 1841.
Politique et administration
Liste des maires
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1793
An IV
Jean Alziary
An IV
Guillaume Muraire
An VII
Jean Alziary
An VII
An XII
Jean François Frédy
An XIII
1806
Jean Niel
1806
1813
Jean Alziary
1813
1828
Bernard Isnard
1828
1832
Jean André Frédy
1832
1835
Jean Baptiste Salamite
1835
1837
Bernard Isnard
1837
1848
Jean André Frédy
1848
1866?
Honoré Foucon
1866?
1876
Joseph Germain Raybaud
1876
1878
Sylvestre Boule
1878
1904
Désiré Raybaud
mai 1904
1925
Marcelin Guichard
mai 1925
1929
Paul Barrière
mai 1929
1935
Jean-Marie Cazenove
mai 1935
1953
Maurice Fortune Raybaud
mai 1953
1977
Michel Barrière
mars 1977
2008
Roger Gastaud
mars 2008
2020
Joseph Valette
mai 2020
En cours (au 26 mai 2020)
Alexis Argenti
SE
Intercommunalité
Depuis le , La Roque-en-Provence fait partie de la communauté d'agglomération de Sophia Antipolis. Elle était auparavant membre de la communauté de communes de la vallée de l'Estéron, jusqu'à la disparition de celle-ci lors de la mise en place du nouveau schéma départemental de coopération intercommunale. Elle fait partie de la CASA (Communauté d'Agglomération de Sophia Antipolis).
Démographie
Les habitants s'appellent les Roquois
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[31]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[32].
En 2019, la commune comptait 68 habitants[Note 10], en diminution de 13,92% par rapport à 2013 (Alpes-Maritimes: +1,25%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
106
85
99
129
208
162
238
237
237
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
250
206
200
159
137
179
149
130
103
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
72
86
86
75
55
57
36
33
41
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
47
40
56
59
59
65
61
62
63
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2015
2019
-
-
-
-
-
-
-
81
68
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2006[34].)
Histogramme de l'évolution démographique
Économie
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Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
L'église Sainte-Pétronille et l'Estéron.
Église Sainte-Pétronille (chapelle du XIIIesiècle) dominant le village, inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1941[35]. Cette église était l'ancienne église Saint-Jean du prieuré dépendant de l'abbaye de Lérins constitué en 1028 et 1046 dans la vallée. Après le traité de Turin, l'église a été rehaussée à partir de l'ancien cordon qui fait le tour de l'édifice pour construire un chemin de ronde permettant de surveiller la frontière[36].
Mur d'enceinte du castrum très altéré, en partie visible et restauré; tour supérieure de guet non accessible.
Projet de parc départemental de l'Estéron sur Roquestéron et Roquestéron-Grasse.
Épigraphe en latin intégré dans une façade, face à la fontaine.
Héraldique
Roquestéron-Grasse
Blason
D’azur à la montagne de cinq coupeaux d’argent mouvant de la pointe.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Armoiries enregistrées à l'Armorial général de la France dressé suivant l'édit de 1696. La devise notée est «Mai dur que lei dur» («plus dur que les durs»)[37],[38].
Le village est le berceau de la famille Alziary de Malaussène (anoblie en 1723), dont l'un de ses représentants en particulier, François Régis, sera maire de la ville de Nice.
Notes et références
Notes
Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
Très altérée, elle ne présente plus qu'un glaive et un croissant de Lune. Elle est ainsi similaire à la stèle de Lucius Abricius Viato, conservée au Musée archéologique de Cimiez (voir aussi celle de Titus Annius Firmus). Il est donc possible que des terres du pagus Staroni aient été accordées à des auxiliaires vétérans de la cohorte des Gétules (peuplade africaine). Jean-Pierre Cassely, dans Côte d'Azur insolite et secrète, ed. JonGlez, mentionne de façon peu précise que la stèle porte, en sus, les sigles d'un centurion et d'un décurion.
L'auteur ajoute: «Au dieu Hêtre, Caius Secundus Paternus fils de Caius, du hameau de Velacie ou Velostino au canton de Staron, guéri d'une grave maladie, s'est acquitté selon son vœu. Cette curieuse inscription, contient, comme on le voit, deux noms géographiques, ce qui en fait une des plus précieuses de ce recueil. Je traduis star par staro dans lequel je vois Roque-Esteron et Vel par Velacie ou Velostine, qui sont deux localités, ou mieux, deux quartiers des environs de Roque-Esteron. On verra, par l'inscription qui va suivre, que cette ville a été habitée par les Romains. Cette inscription, dont l'importance n'échappera à personne, nous apprend que c'était un pagus ou bourg qui commandait à un certain nombre de rici, qui étaient des villages et des hameaux; cela ne peut mieux se comparer qu'aux chefs-lieux de cantons de nos jours. [...] BIBE MVLTOS ANNOS BIBAS Bois, et puisses-tu boire de longues années. Cette curieuse inscription est gravée sur un mur de rochers, à côté de la précédente, au-dessus de la petite source qui sort de là. Cette inscription complète celle du Cheiron qui nous avait appris que la Roque-Esteron existait, comme ville, du temps des Romains; elle nous apprend qu'il y avait un ordre de décurions, c'est-à-dire que la ville possédait une organisation municipale complète. [...] Cette pierre [le cippe], malheureusement hors d'état d'être lue complètement, est encore une preuve de l'importance de la Roque-Esteron sous les Romains. On y voit le sigle du duumvir à la quatrième ligne, et l'on peut lire à la dernière vivi posuerunt. C'est donc un monument funéraire élevé probablement à un soldat, un centurion peut-être (car il me semble reconnaître le sigle du centurion à la fin de la deuxième ligne), par quelques-uns de ses parents ["vici (?) posuerunt": "(qu'ils) placèrent sur la voie", ou "(s')établirent en ce bourg"]. Je ne me hasarderai pas dans une lecture plus complète qui nécessairement ne serait qu'hypothétique».
L'auteur mentionne comment il transcrit le VEL en Valocie, «Velacie ou Velostine» («quand au mot vel, il me semble pouvoir être appliqué indifféremment à deux quartiers qui se trouvent au nord-est de ce village, l'un se nomme Vélacié, l'autre Velostine»), qui n'évoquent aucun toponyme sur les cartes régionales actuelles de l'IGN (Pays du Cheiron, Val d'Estéron), en dehors du Végay proche. L'annuaire des Alpes-Maritimes de 1869 (-p.90) mentionne toutefois deux lieux-dits, Velaclé et Velostine, qui semblent donc avoir une onomastique très ancienne. Velaci semble aussi être un patronyme indigène (L'occupation militaire de Cemenelum, p.170; et sur une stèle - CIL V, 7897 - du château de Nice mentionnant les frères Maxsimus et Lucius Sucius, soldats de la cohorte des Ligures, fils de Velacus - VELACI.F).
Par ailleurs, ce préfixe fait écho à la peuplade celto-ligure (Velauni) habitant probablement la vallée à l'Âge du Fer final. On trouve également un Velabus de la «cohorte des Alpins» au Broc.
Selon B. Giauffret et E.Rossi, la tradition orale rapporte le passage du roi wisigoth Alaric en route vers Rome, et le stationnement de son armée au lieu-dit Champalaric. Si l'étymologie est sujette à caution et le relief peu propice à un tel fait, l'épisode fut jugé suffisamment crédible pour qu'une fouille archéologique du site soit entreprise, sans résultat probant. Giauffret ajoute que certains patronymes de l'époque moderne (Salamite, Maurel, Alzias) peuvent rappeler une présence sarrazine, mais là encore, cela reste essentiellement du domaine de l'interprétation. A.Compan (Histoire de Nice et de son comté, p.45) mentionne toutefois qu'au VIIIesiècle furent chassés des «vallées du Var, du Verdon et de l'Estéron» les Provenço-Sarrazins par les Franco-Lombards. Plus assuré, diverses sources mentionnent que la paroisse (existante, donc...) est rattachée au milieu du Vesiècle à l’évêché de Glandèves.
Les fortifications, de même que la vocation militaire du village, paraissent toutefois relativement légères (bien qu'à double parement et mortier), moindres que celles des villages voisins, tels Sigale, Cuébris, Pierrefeu, Ascros, Gilette. Certains (Octobon, Brétaudeau, 1996), on put parler de castellaras, murailles davantage destinées à protéger des prédateurs, voire des petites bandes de pilleurs, en plus de fournir un point de guet. Autour de l'église fut aménagé, après 1760 ou peut-être avant, un chemin de ronde (l'actuel ancien cimetière) destiné à surveiller le stratégique passage du Peiroulet, le plus aisé et un des seuls reliant la haute et la basse vallée. Au XVIIesiècle existait encore un capitaine de place commandant le «fort» de Roquestéron.
Le castrum de Garberii est cité uniquement pour la première moitié du XIIIesiècle. La chapelle Saint-Laurent de ce village fantôme en fût l'église paroissiale, peut-être dès le XVIesiècle (ecclesia de Garberiis). Il ne demeure que des vestiges du modeste château féodal reconstruit aux XIIIeetXIVesiècles. Le site est abandonné après la dédition, et ne sera réoccupé qu'au XVIIIesiècle (bastide de Gerbières).
Alziari ou Alziary, Elzeari ou Elzear/Alziar ailleurs dans les Alpes-Maritimes, le nom proviendrait de l'hébreu 'El'azar, Dieu a aidé, et pourrait être originaire d'Afrique du Nord, éventuellement issu de familles israélites converties; Eugène Tisserand raconte dans Histoire et géographie des Alpes-Maritimes qu'en 1211, des Alziari de Bologne durent s'expatrier devant la faction des Pepoli (pourtant influente plus tardivement), douze frères arrivant à Roquestéron. Leurs ancêtres auraient débarqués à Ravenne au IIesiècle (Simone Cateland-Masséna, op. cit.); la légende relayée par le site officiel de Roquestéron les fait provenir d'Inde.
Le découpage antérieur a semble-t-il favorisé la contrebande, largement pratiquée par les rouqueirols, selon Giauffret. L'épisode du plus célèbre des contrebandiers, Louis Mandrin, recherché par les fonctionnaires royaux qui passèrent discrètement la frontière, entre-autres à Roquestéron, a peut-être favorisé sa simplification (A.Ruggiero, la population du comté de Nice de 1693 à 1939,lire en ligne).
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
Michel Bourrier, Gilette, les oliviers de la République, éditions Serre, (ISBN2-86410-086-X)
Georges Bretaudeau, Les enceintes des Alpes Maritimes, Nice, Institut de préhistoire et d'archéologie Alpes Méditerranée, , 589p. (ISBN978-2-9508373-1-8)
Francis Fumas, Les noms de lieux de la commune de Vence, Association pour la défense et la promotion du patrimoine vençois,
Baptistin Giauffret, Roquestéron, entre France et Savoie, Nice, Serre, , 165p. (ISBN2-86410-059-2)
Edmond Blanc, «Remarques sur quelques textes gallo-romains des Alpes-Maritimes qui portent des noms géographiques», Revue archéologique, Presse universitaire de France, (lire en ligne)
Il est à noter que les patronymes semblent indiquer une origine proprement romano-italique, et non locale.
(la) Cartulaire de l'abbaye de Lérins.: publié sous les auspices du ministère de l'instruction publique. Partie 1 / par MM. Henri Moris,... Edmond Blanc,...; Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, Champion, 1883-1905 (lire en ligne), p.180 à 182
«…quam in honore sancte Marie sanctique Johannis Baptiste construximus, que in territorio [Roche] sita esse videtur, Domino Deo atque beatissime virginis Marie sanctoque Honorato et abbati Amalrico monachisque Lyrinensibus tam futuris quam presentibus concedimus evadere possimus. Consortes honoris predicte ecclesie sunt isit: vallicula que descendit de monte, versus orientem posita, et ferit in rivulo qui vocatur Alba usque ad fluvium Staronis, et ascendit per eumdem fluvium usque ad locum quem nominant Incisam, et sicut vadit supercilium montis usque ad eandem valliculam; istud totum Lirynensi monasterio et predicto abbati atque monachis semper ibidem Deo militantibus donamus et dando firmamus [...] in territorio ecclesie Sancti Johannis, que sita est inter hec duo castra, quorum I vocatur Roca, alterum dicitur Cobrium, ita ut liceat eis...»
Suivent des textes concernant des donations des Ferres et de la Cadenée [la Caïnée, village éteint]. Le représentant de la Roca semble s'appeler Guilelm. Si l'on postule que le "ruisseau" Alba est l'actuel Riou, éventuellement que le lieu l'Incise est logiquement le Peïroulet, le territoire donné pourrait être la partie Est de l'actuel Roquestéron. La Roca serait, dans cette assertion, effectivement sur le mont accueillant Sainte Pétronille.
Edmond Rossi, Les Châteaux du Moyen-Age des Alpes-Maritimes, Cressé, PRNG, , 269p. (ISBN978-2-8240-0555-3), p.234
Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, Annuaire des Alpes-Maritimes, Nice, (lire en ligne), p.90
Pierre-Jean Ciaudo, Armoiries et institutions des communes des Alpes-Maritimes, du comté de Nice et de la principauté de Monaco, Nice, Europ'herald azur,
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