Germigny-l'Exempt (jusqu'en 1790, également: Germigny en Bourbonnais[1]) est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.
Pour les articles homonymes, voir Germigny.
Germigny-l'Exempt
Germigny-l'Exempt, l'église
Administration
Pays
France
Région
Centre-Val de Loire
Département
Cher
Arrondissement
Saint-Amand-Montrond
Intercommunalité
Communauté de communes Portes du Berry, entre Loire et Val d'Aubois
Maire Mandat
Olivier Beatrix 2020-2026
Code postal
18150
Code commune
18101
Démographie
Gentilé
Germinois
Population municipale
296 hab. (2019 )
Densité
10 hab./km2
Population agglomération
323 hab. (2014)
Géographie
Coordonnées
46° 55′ 08″ nord, 2° 53′ 57″ est
Altitude
Min. 180 m Max. 227 m
Superficie
28,26 km2
Unité urbaine
Commune rurale
Aire d'attraction
Nevers (commune de la couronne)
Élections
Départementales
Canton de la Guerche-sur-l'Aubois
Législatives
Troisième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte: France
Germigny-l'Exempt
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Germigny-l'Exempt
Géolocalisation sur la carte: Cher
Germigny-l'Exempt
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Germigny-l'Exempt
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Géographie
Germigny-l'Exempt est un village français du Bourbonnais[2],[3] dans la circonscription ecclésiastique de l'archidiocèse de Bourges. Il est actuellement situé dans le département du Cher et la région Centre-Val de Loire. Ses habitants sont appelés les Germinois et les Germinoises. La commune s'étend sur 28,3 km2 et compte 309 habitants depuis le dernier recensement de la population datant de 2005. Entouré par les communes de La Chapelle-Hugon, La Guerche-sur-l'Aubois et Vereaux, Germigny-l'Exempt est situé à 4 km au nord-ouest de la Chapelle-Hugon et à 7 km au sud-ouest de La Guerche. Situé à 190 mètres d'altitude, le village de Germigny-l'Exempt a pour coordonnées géographiques 46° 55' 5" de latitude nord et 2° 53' 54" de longitude est. La commune de Germigny-l'Exempt fait partie de la Communauté de communes Portes du Berry, entre Loire et Val d'Aubois.
Germigny-l'Exempt est une commune rurale[Note 1],[4]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[5],[6].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nevers, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 93 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[7],[8].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,5% en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (97,7%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
prairies (49,3%), terres arables (45,2%), forêts (2,3%), zones agricoles hétérogènes (2%), zones urbanisées (1,1%)[9].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques majeurs
Le territoire de la commune de Germigny-l'Exempt est vulnérable à différents aléas naturels: météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité faible)[10]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[11].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Germigny-l'Exempt.
La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux[12]. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 99,8% de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90% au niveau départemental et 48,5% au niveau national). Sur les 236 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 236 sont en en aléa moyen ou fort, soit 100%, à comparer aux 83% au niveau départemental et 54% au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[13],[Carte 2].
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2011, 2018 et 2020 et par des mouvements de terrain en 1999[10].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Germiniacus en 881[14].
Depuis les travaux d'Henri d'Arbois de Jubainville, il couramment admis par les toponymistes que Germigny tire son nom de l'anthroponyme latin Germinius, suivi du suffixe d'origine gauloise -(i)acum indiquant la propriété. Quant au déterminant complémentaire -l'Exempt, il s'agit d'une mauvaise graphie du nom de l'affluent de l'Aubois qu'enjambe le village et qui est successivement attesté sous les formes le Lexant, le Lessant et actuellement le Luisant[15].
Histoire
Ainsi que Louis Roubet au XIXesiècle, puis dans les années 1980 les pionniers de l'archéologie aérienne Jean Holmgren et Alain Leday l'ont montré, le site de Germigny était le siège de grandes exploitations agricoles à l'époque gallo-romaine. Jusqu'au Xesiècle, la seigneurie appartient aux Nevers et à l'évêché de Nevers. Les seigneurs de la première maison de Bourbon (dynastie des Archambault) prennent possession de Germigny en 916. En 1108[16] Louis VI le Gros assiège la forteresse de Germigny-l'Exempt, fief situé en dehors du domaine royal, à la limite de la vicomté de Bourges acquise par son père en 1101, pour réduire Aymon II Vaire-Vache seigneur de Bourbon qui avait spolié son neveu Archambaud VI le Pupille[17],[18]. Louis VI soumettra Aimon II à son autorité et finira par lui confier Germigny et Saint-Pourçain-sur-Sioule, deux sites clefs en termes géopolitiques.
En 1523, la spoliation de Charles III de Bourbon par Louise de Savoie, mère de François Ier, et le don de Germigny à Philibert Babou, son intendant général, conduisent en cinquante ans à la ruine de la seigneurie et à sa disparition des cartes. En 1557, le château n'est plus signalé.
En 1683, Germigny devient, par adjudication, la propriété de la famille Briçonnet d'Oizonville. Bernard Briçonnet reconstruit au sommet d'un tertre dominant l'Aubois un château sur les fondations du château médiéval auquel on donnera le nom de «Château-Renaud». Les biens du dernier châtelain de Germigny, Louis-César de Bonneval, sont confisqués en 1793 et vendus. Au XIXesiècle, Germigny deviendra, sous les auspices de l'éleveur Louis Massé, le berceau de la race charolaise élaborée dans la ferme expérimentale de Martoux.
Politique et administration
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
1793
1798
Christophe Auclair
1798
1805
Louis Collas
1805
1824
François Massé
1824
1831
Philippe Chafre (démissionnaire)
1831
1838
Balthazar Dumond
1838
1848
Jean-Alexandre Petit
1848
1851
Antoine Colas (démissionnaire)
1851
1851
Louis Achat (révoqué)
1851
1861
Augustin Massé (à la suite de la révocation de Louis Achat)
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[24].
En 2019, la commune comptait 296 habitants[Note 3], en diminution de 6,62% par rapport à 2013 (Cher: −3%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
722
749
757
539
785
817
956
1 152
1 264
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1 248
1 210
1 192
1 135
1 204
1 175
1 197
1 067
1 032
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
962
901
860
726
733
672
647
673
612
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
553
509
472
383
362
331
322
320
327
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2015
2019
-
-
-
-
-
-
-
311
296
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26].)
Histogramme de l'évolution démographique
Monuments et objets inscrits et classés
Château-Renaud en 1900
Église Notre-Dame, d'architecture romane, et dont le porche et le clocher sont classés au titre des monuments historiques depuis le [27]. L'église Notre-Dame, construite après 1108[18], est dotée d'un tympan remarquable du début du XIIIesiècle, influencé par l'église abbatiale de Saint-Gilles du Gard et la cathédrale Notre-Dame de Laon dans le contexte de la naissance des diocèses et du quatrième concile de Latran[28].
Château-Renaud, de la fin du XVIIesiècle, partiellement inscrit et partiellement classé au titre des monuments historiques depuis le [29],[30].
Saint Jean l'Évangéliste: panneau de bois sculpté et peint du XVIIesiècle, inscrit au titre objet depuis le [31].
Ligne de démarcation
La ligne de démarcation séparait la France en deux parties: au Nord, la zone occupée, et au Sud la zone dite "non-occupée" ("unbesetzte Zone", surnommée zone "nono" dans le langage courant[32]). Entrée en vigueur le 25 juin 1940, après la signature de l'armistice entre l'Italie et la France du [33], elle est supprimée le 1ermars 1943, trois mois après l'invasion de la zone sud par les troupes allemandes.
Germigny-l'Exempt est une des 27 communes du Cher qui étaient traversées par la Ligne. Le tracé coupait la commune en deux, interrompant la circulation sur l'axe principal reliant La Guerche-sur-l'Aubois (en zone occupée) à Sancoins (en zone non-occupée)[34]. Le no man's land qui séparait le poste allemand du poste français s'étendait entre le lieu-dit Les Vallées et Château Gaillard, puis se poursuivait à travers le lieu-dit La Grenouille. Il divisait Germigny-l'Exempt à la hauteur du lavoir (celui-ci était en zone non-occupée), et passait sur la route d'Ignol (actuellement la départementale 43). Une stèle commémorative a été placée au bord de la route de La Guerche (actuellement la départementale 15) au croisement avec la route de Martoux pour fixer le tracé de la Ligne: les barrières mobiles qui fermaient le passage aux véhicules et le poste de contrôle allemand étaient situés à cet endroit. La ligne continuait en direction du lieu-dit la Malandrie, et rejoignait puis longeait le ruisseau des Varennes.
Site d'exfiltration privilégié dans le Cher, le "passage" de Germigny, longtemps oublié, a connu en 2018 un regain d'intérêt et donné lieu à des cycles de conférences mélangeant personnalités académiques et témoins locaux[35],[36]. À partir du 6 juin 1944 des hommes de la brigade de marche Charles Martel du colonel vichysto-résistant[37] Raymond Chomel, de l'Armée d'armistice, exploiteront le maquis de Germigny pour y organiser des opérations de sabotage et stopper la retraite de l'ennemi.
Panneau de la ligne de démarcation à Germigny-l'Exempt
La stèle commémorative à l'entrée de Germigny-l'Exempt
Carte de la ligne de démarcation à Germigny-l'Exempt
Carte de Germigny-l'Exempt
Personnalités liées à la commune
Patrie de MgrFrançois-Louis Auvity (1874-1964), né et mort à Germigny-l'Exempt. Il est d'abord évêque auxiliaire de Bourges (1933-1937), puis évêque de Mende (1937-1945). S'étant signalé comme un collaborateur notoire sous l'Occupation[38], il est arrêté par les Forces françaises de l'intérieur du Maquis de Haute-Lozère le [39]. Sa démission de sa charge d'évêque est exigée par le Conseil national de la Résistance et le gouvernement provisoire du général de Gaulle, comme celles de trois autres prélats gravement compromis: Florent du Bois de la Villerabel, archevêque d'Aix-en-Provence, Henri Édouard Dutoit, évêque d'Arras, et Roger Beaussart, archevêque auxiliaire de Paris[40].
Gilles Goupil de Bouillé, maire de 1983 à 2001, fut cité par Caroline Fourest et Fiammetta Venner en 1999 dans Les Anti-PACS ou la dernière croisade homophobe pour son opposition au concubinage homosexuel et au pacte civil de solidarité en France[41] et, à ce titre, visé comme d'autres élus par la «campagne contre les maires anti-PaCS» de ProChoix.
Voir aussi
Liste des communes du Cher
Notes et références
Notes et cartes
Notes
Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN2-85023-076-6), p.317b
Louis Roubet, «La Coutume de Germigny-l'Exempt», in: Annales des Congrès scientifique de France: 37e session, août 1872
Guy Devailly, Le Berry du Xe siècle au milieu du XIIIe: Étude politique, religieuse, sociale, et économique., La Haye-Berlin, Mouton-De Gruyter, 1973-2017, p., 1973-2017, 636p. (ISBN9783111631066, lire en ligne), p.399
André Leguai, Histoire du Bourbonnais («Que sais-je?», no862), Paris, Presses universitaires de France, 1960 p.16.
Emmanuel Legeard, «Le Siège de Germigny en Bourbonnais», Bulletin de la Société d’Emulation du Bourbonnais, t.80, 3e trimestre 2021 (lire en ligne).
Jessy Ruzé, Le Mémorial des maires du Cher: de la Révolution à l'an 2000, Éditions du Terroir, 1999, p.147
Annuaire des Mairies du Cher 2006-2007, Editions Céline, page 43
Emmanuel Legeard, «Saint-Gilles, Laon, Germigny: Iconologie d’une représentation politique de la Vierge dans le "style 1200"», De Medio Aevo, (lire en ligne).
Page retraçant l'histoire de Château-Renaud (Certaines informations contemporaines contenues dans ce texte sont périmées. Ainsi, Château-Renaud n'est plus la propriété du baron de Maistre qui le revendit en 1992 au décorateur Allard, lequel à son tour le revendit en 2000 à Geoffroy Sartorius, administrateur financier.)
Éric Alary, La ligne de démarcation 1940-1944, Perrin
Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel et Jacques Sicard, Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t.3: Le destin tragique de la ligne Maginot, Paris, Éditions Histoire & collections, coll.«L’Encyclopédie de l'Armée française» (no2), , 246p. (ISBN2913903886), p.221.
Alain Rafesthain, La Résistance aux mains nues, 2015
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