Craménil est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 132 habitants[Note 1].
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La commune est en pays d'Houlme. Son bourg est à 6 km au nord de Briouze, à 13 km à l'ouest de Putanges-Pont-Écrepin et à 16 km à l'est de Flers[1].
Le point culminant (253 m) se situe en limite sud-ouest, près du lieu-dit la Chevallerie, la cote 250 étant également atteinte par une colline au nord. Le point le plus bas (174 m) correspond à la sortie de la Rouvre du territoire, au nord-ouest. La commune est bocagère.
Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de «climat océanique altéré», selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[4]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[5].
Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 2]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.
Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[4]
Moyenne annuelle de température: 10,1°C
Nombre de jours avec une température inférieure à −5°C: 3 j
Nombre de jours avec une température supérieure à 30°C: 1,9 j
Nombre de jours de précipitation en janvier: 13,1 j
Nombre de jours de précipitation en juillet: 8,1 j
Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[8] complétée par des études régionales[9] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, «Briouze», sur la commune de Briouze, mise en service en 1974[10] et qui se trouve à 5 km à vol d'oiseau[11],[Note 5], où la température moyenne annuelle est de 10,7°C et la hauteur de précipitations de 905,7 mm pour la période 1981-2010[12].
Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 6], «Alençon - Valframbert», sur la commune d'Alençon, mise en service en 1946 et à 49 km[13], la température moyenne annuelle évolue de 10,8°C pour la période 1971-2000[14] à 10,9°C pour 1981-2010[15], puis à 11,3°C pour 1991-2020[16].
Urbanisme
Typologie
Craménil est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 7],[17],[18],[19].
La commune est en outre hors attraction des villes[20],[21].
Occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,2% en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (95,1%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
prairies (81,9%), terres arables (9,7%), forêts (4,9%), zones agricoles hétérogènes (3,6%)[22].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[23].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Cramenil, Crasmenil en 1247[24].
Il s'agit d'une formation médiévale en -mesnil, simplifié orthographiquement en -ménil, appellatif toponymique issu du gallo-roman septentrional MANSIONILE et qui désignait une sorte d'exploitation rurale et qui est particulièrement répandu en Normandie.
Le premier élément est plus complexe à identifier. Il est peut-être issu de l'ancien françaiscras, « gras », « riche », « fertile » (du latincrassus)[25], et désignerait donc un domaine fertile, riche.
Cependant, si le sens de l'ancien français cras «gras», d'où «fertile» pour une terre est attesté, sa signification est souvent proche de celle qu'avait l'étymon latin crassus, c'est-à-dire négative, «épais, gras, (trop) gros, grossier», etc. En ancien français, cras veut donc dire également «crasseux, grossier», et en tant que substantif, «graisse» et «crasse»[26]. De même Belleville-en-Caux (Seine-Maritime) ou la Bonneville (Manche) sont d'anciennes Merdosa villa (XIIe siècle) « Merdeuseville ».
On note également que les formations en -mesnil, -ménil sont le plus souvent précédées d'un anthroponyme qui peut être germanique ou scandinave (en Normandie), tout comme celles en -ville. En outre, le toponyme Crame[s]nil semble être seulement typique de la Normandie, où il existe au moins deux autres Cramesnil, inclus dans les nouvelles communes de Saint-Aignan-de-Cramesnil (Calvados, Crassum Mesnillum 1070[27]) et Saint-Vincent-Cramesnil (Seine-Maritime, CrasmesnilXIIe siècle[28]). De même, le toponyme fréquent Craville, Crasville semble être typique de la seule Normandie. Même si la forme très ancienne de Saint-Aignan-Cramesnil, Crassus Mesnillum, peut justifier un recours à l'ancien français cras, les Crasville contredisent cette hypothèse, puisqu'on aurait dû aboutir à *Crasseville, jamais suggérée par les formes anciennes. C'est pourquoi Ernest Nègre envisage d'avoir recours à un anthroponyme germanique non attesté *Crasso[29], ce qui est plus satisfaisant phonétiquement pour expliquer les Crasville, cette proposition conviendrait également pour les Crasme[s]nil. Le nom de personne vieux norroisKrákr[30], bien attesté, est possible aussi, malgré le fait que l'on ne trouve pas trace d'un [k] dans les formes anciennes[31]. Cependant, le type Clasville, Claville est expliqué par le nom de personne scandinave Klakkr assez proche phonétiquement, alors qu'il n'y a aucune trace d'un [k] dans les formes anciennes, mais une analogie probante avec Mesnil-Claque (anciennement Mesnilclac)[32], à 27 km de Claville-Motteville.
Le gentilé est Craménilois.
Histoire
En 1605, Jehan Bodey est curé de la paroisse de Cramesnil.
En 1821, Craménil (425 habitants[33]) absorbe Chêne-Sec (126 habitants[34]) à l'est de son territoire.
Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et un adjoint[36].
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[38].
En 2019, la commune comptait 132 habitants[Note 8], en diminution de 16,98% par rapport à 2013 (Orne: −3,08%, France hors Mayotte: +2,17%).
Craménil a compté jusqu'à 523 habitants en 1846, mais au premier recensement républicain, en 1793, les deux communes de Craménil et Chêne-Sec, fusionnées en 1821, totalisaient 552 habitants.
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1836
1841
1846
1851
1856
411
179
428
425
503
515
523
511
508
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1901
510
505
428
424
403
365
323
312
315
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1962
308
315
247
231
214
226
220
209
191
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1968
1975
1982
1990
1999
2004
2006
2009
2014
168
172
187
155
156
163
161
167
156
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2019
-
-
-
-
-
-
-
-
132
-
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-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[33] puis Insee à partir de 2006[39].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique de Chêne-Sec avant la fusion
1793
1800
1806
1821
141
119
110
126
Nombre retenu à partir de 1962: population sans doubles comptes. (Sources: EHESS[34])
Économie
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Lieux et monuments
Le pont de la Motte, sur la Rouvre.
Vestige préhistorique: menhir dit l'Affiloir de Gargantua, classé aux Monuments historiques[40].
Ponts de Craménil sur la Rouvre: ponts de la Motte, de Chênesecq, Neuf et de La Raulette, inscrits globalement au titre des Monuments historiques[41].
Église Saint-Laurent, 1911, en granit: statue Notre-Dame-de-Recouvrance, croix hosannière de 1773.
Rives de la Rouvre.
Activité et manifestations
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Personnalités liées à la commune
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Voir aussi
Liste des communes de l'Orne
Liste des anciennes communes de l'Orne
Notes et références
Notes
Population municipale 2019.
Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[6].
L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[7].
La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOIhttps://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse, , p.225a.
René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN2-95480-455-4 (édité erroné), BNF36174448), p.103.
François de Beaurepaire (préf.Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180p. (ISBN2-7084-0040-1, OCLC6403150), p.62.
Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, «Notice communale: Chêne-Sec», sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
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