Brue-Auriac est une commune française située en Pays de La Provence Verte dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est membre de la communauté de communes Provence Verdon.
D'ouest en est, 4 unités topographiques parallèles constituent le paysage communal[2]:
à l'ouest, un vaste plateau boisé entaillé par de nombreux vallons (vallon de Valtorte, vallon de Cabris[3], vallon de Cantarelle, le vallon de la Curnié, vallon des Derrots…) occupe le tiers ouest du territoire[4];
au centre, une dépression, où se concentrent routes, espaces cultivés et urbanisés;
à l'est, un secteur de basses collines (300 à 360 mètres d'altitude) séparées par des espaces plans généralement cultivés;
la frange est, haute vallée de l'Argens, dont seule la rive gauche de la rivière appartient à la commune.
Panorama du village depuis la chapelle Notre-Dame.
Hydrographie et les eaux souterraines
Actuellement, la ressource en eau de Brue-Auriac provient de l’Argens[5].
Zone 0: Risque négligeable. C'est le cas de bon nombre de communes du littoral varois, ainsi que d'une partie des communes du centre Var. Malgré tout, ces communes ne sont pas à l'abri d'un effet tsunami, lié à un séisme en mer;
Zone Ib: Risque faible. Ce risque le plus élevé du département (qui n'est pas le plus haut de l'évaluation nationale), concerne 21 communes du nord du département.
La commune de Brue-Auriac est en zone sismique de très faible risque « Ia »[13].
Intercommunalité
Commune membre de la Communauté de communes Provence Verdon et du Pays de la Provence Verte.
Urbanisme
Typologie
Brue-Auriac est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[14],[15],[16].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 115 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[17],[18].
La commune dispose d'un plan local d'urbanisme[19]. Elle est également membre du Syndicat mixte du Pays de la Provence Verte, compétent en matière de Schéma de cohérence territoriale (SCoT).
Occupation des sols
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (68,4% en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (69,5%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (67,5%), cultures permanentes (18,1%), zones agricoles hétérogènes (8,8%), zones urbanisées (2,6%), terres arables (1,6%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9%), zones humides intérieures (0,5%)[20].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[21].
Économie
Entreprises et commerces
Agriculture
Domaine de Cantarelle (AOP Coteaux-varois-en-provence)[22],[23].
Coopérative vinicole La Brussoise, actuellement Fontaillade[24].
Tourisme
La commune bénéficie du label «Pays d’art et d’histoire» attribué au Pays de la Provence Verte en 2005.
En matière d'accueil, la commune dispose de:
2 chambres d'hôtes (La bastide Collombe[25] et le domaine de la Procureuse[26]);
Commerces de proximité à Barjols, Saint-Martin-de-Pallières[29].
Toponymie
Auriac est un nom de domaine gallo-romain formé avec le suffixe -ac sur le nom de personne latin Aurius[30].
Histoire
Village atypique, Brue-Auriac est né, au XVIIIesiècle de l’union de deux villages, Brue et Auriac et du rêve du seigneur Georges Roux de Corse, fondateur de Brue.
Jusqu’en 1751, l’actuel territoire de Brue-Auriac est, plus ou moins, divisé en trois fiefs: le Val de Brue, Auriac, et Saint Estève, dont on retrouve des traces dès 1252. Ces territoires sont alors tous trois dirigés par Foulque III de Pontevès, ils resteront sous la domination des Pontevès jusqu’en 1666, date à laquelle Henri de Laurens achète le Val de Brue à François Simiane de Pontevès. En 1720, François Nicolas Dupin, alors conseiller royal, le rachète aux Laurens.
En 1746, Georges Roux, dit le Corse, achète, une fois de plus, le Val de Brue et les terres qui l’entourent, il est alors parsemé de bastides isolées comptant une centaine d’habitants. Le , la première pierre du nouveau village de Bruéè est posée. Le hameau de Saint Estève sera rattaché à Auriac le [31].
En 1765, l’agglomération culmine à 832 habitants. Elle se développe grâce à ses industries de soie, de faïence et de drap.
Les deux villages de Brue et Auriac ne sont définitivement rattachés qu’en 1840.
Les armes peuvent se blasonner ainsi:
D'argent à la bande d'azur[35].
Politique et administration
Liste des maires successifs de 1844 à 1896
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
1840
1844
M. Gaspard Fouque
1844
1849
M. Jean-Baptiste Tivel
1849
1856
M. Jean Clapier
1856
1861
M. Maurice Calvin
1861
1865
M. Augustin Crouzet
1865
1870
M. Maurice Calvin
1870
1871
M. Mathieu Guigou
1871
1874
M. Eugène Florens
1874
1876
M. Maurice Calvin
1876
1878
M. Eugène Truc
1878
1879
M. Antonin Mouttet
1879
1880
M. Marius Recous
1880
1881
M. Marius Chailan
1881
1896
M. Antonin Mouttet
Liste des maires successifs à partir de 1896
Période
Identité
Étiquette
Qualité
1896
1904
M. Louis Aumage
1904
1919
M. Célestin Codonnel
1919
1930
M. Antoine Moisson
1930
1944
M. Paul Guigou
1944
1957
M. Albert Reynier
1957
1959
M. Jean Doudon
1959
1965
M. Marceau Moisson
1965
1989
M. Georges Jean
PS
1989
1995
M. Robert Hugou
PS
1995
2001
M. Guy Codonnel
2001
2020
M. André Rousselet
2020
En cours
M. Dominique Richard
Budget et fiscalité 2020
En 2020, le budget de la commune était constitué ainsi[36]:
total des produits de fonctionnement: 1 072 000 €, soit 765 € par habitant;
total des charges de fonctionnement: 929 000 €, soit 663 € par habitant;
total des ressources d'investissement: 435 000 €, soit 310 € par habitant;
total des emplois d'investissement: 753 000 €, soit 537 € par habitant;
endettement: 273 000 €, soit 195 € par habitant.
Avec les taux de fiscalité suivants:
taxe d'habitation: 12,00%;
taxe foncière sur les propriétés bâties: 15,00%;
taxe foncière sur les propriétés non bâties: 64,00%;
taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties: 0,00% ;
cotisation foncière des entreprises: 0,00%.
Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2016: médiane en 2016 du revenu disponible, par unité de consommation: 23 010 €[37].
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[39].
En 2019, la commune comptait 1 419 habitants[Note 3], en augmentation de 12,98% par rapport à 2013 (Var: +4,68%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
259
314
323
407
396
463
558
564
503
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
536
565
582
529
527
486
427
438
439
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
471
450
436
507
508
514
508
422
432
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
396
425
380
429
630
888
1 121
1 140
1 210
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2015
2019
-
-
-
-
-
-
-
1 322
1 419
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[40] puis Insee à partir de 2006[41].)
médecins à Barjols, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume;
pharmacies à Barjols, Bras, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume;
hôpitaux à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Brignoles.
Cultes
Culte catholique, Paroisse Saint-Georges[44], Diocèse de Fréjus-Toulon.
Personnalités liées à la commune
Georges Roux de Corse, fondateur de Brue[45], né à Tino en 1703 et mort à Brue le 12 mars 1792.
Manifestations culturelles et festivités
Fête de la Saint-Georges (fin mai).
grillades sur le cours du village.
repas traditionnel sur le cours.
Fin juin fête de la Musique.
Fin avril Foire aux Bestiaux.
Lieux et monuments
Galerie
L'église Saint-Georges.
Le cours Roux-de-Corse.
Vue sur le pigeonnier.
Église de Notre-Dame.
Vue de l'église.
Façade.
Arrière.
Monument aux morts.
Église Saint-Georges de Brue-Auriac
* Le Pigeonnier de Roux de Corse.
Le pigeonnier.
Il doit sa création à Georges Roux de Corse en 1754. C'est une tour cylindrique de 22,50 mètres de haut et plus de 12 mètres de diamètre. Les pigeonniers, qu’ils soient isolés comme celui de Brue-Auriac ou incorporés aux bâtiments de ferme, étaient un élément essentiel de la vie quotidienne provençale. En effet, ils constituaient un garde-manger de grand intérêt et permettaient la constitution d’un engrais très appréciable. Avant la Révolution, la structure des pigeonniers indique la qualité de leurs propriétaires. Ainsi, seuls les pigeonniers seigneuriaux pouvaient être «à pied», c'est-à-dire ceux pour lesquels les nids de pigeons étaient bâtis du rez-de-chaussée au sommet de l’édifice. C’est le cas du pigeonnier de Brue-Auriac.
Ce type «seigneurial» s’opposait au pigeonnier simplement situé dans la partie supérieure d’un bâtiment, système le plus communément utilisé. De plus, seuls les seigneurs pouvaient avoir des pigeonniers avec meurtrières et créneaux et, ce, pour éviter que tout autre pût faire de cette architecture un élément défensif.
Le pigeonnier de Brue-Auriac, le plus grand recensé en France du XVIIIesiècle, est construit sur un plan circulaire, de manière à pouvoir installer une échelle tournante permettant d’accéder individuellement à chacun des nids appelés «boulins»: un arbre vertical élevé au centre de la tour soutenait une échelle verticale ou inclinée se déplaçant à une faible distance de la paroi.
Ce pigeonnier a fait l’objet d’une inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du [46]. Il nécessiterait des travaux d'entretien urgents.
* La Magnanerie
L’élevage des vers à soie (magnans) permettait un complément de revenus pour les villageois. Le Var était un département séricicole important: en 1896, on comptait 9555 éleveurs. Les familles élevaient les vers à soie dans des pièces inoccupées de la maison, dans les greniers et parfois même cédaient leurs pièces de vie pendant les cinq à six semaines d’éclosion. Certaines fermes avaient des magnaneries réservées à cet usage. Afin de permettre aux œufs d’éclore plus rapidement, les femmes les plaçaient dans la chaleur de leur corsage. Après leur naissance, les vers étaient placés des canisses et nourris avec des feuilles de mûriers. Ils bâtissaient par la suite leurs cocons sur des branchages. Une fois décrochés, ils étaient «débavés» c'est-à-dire que la soie qui entoure le cocon (la bave ou la bourre) était retirée. Elle était alors envoyée dans les filatures: en 1840, on en comptait vingt-huit dans le Var.
Dès 1757, Georges Roux de Corse installe une fabrique à organiser les soies qui compte deux moulins et, rapidement, devient une véritable manufacture. En 1766, elle comporte ainsi 23 grands moulins et peut se vanter d’un chiffre d’affaires conséquent: 360 000 livres. Le fil de soie, ainsi produit, approvisionne par la suite les filatures lyonnaises. En parallèle, le village se dote de trois tanneries, une chapellerie (20 ouvriers à l’année, 12 000 chapeaux par an), deux fabriques de cadis (draps de laine grossiers) une fabrique de siamoise et de mouchoirs, une manufacture de toile à voile, une faïencerie (12 ouvriers en 1763) ainsi qu’une installation de teinturerie. L’ensemble de ces activités favorise le développement démographique et économique du village.
* La chapelle Notre-Dame
Cet édifice[47],[48] a fait l'objet d'une inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 15 octobre 1971. La cloche est du XIXesiècle[49].
* Le Monument aux morts
Monument aux morts[50]: Conflits commémorés: 1914-1918 - 1939-1945.
Voir aussi
Bibliographie
Jaques Martin-Laval, Si Brue m'était conté, 149p., p.10 à 25
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
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