Le Bourg de Toulx-Sainte-Croix est bâti sur une colline granitique à 655 m d'altitude, point culminant des monts de Toulx-Sainte-Croix.
Eminence remarquable dans le paysage Creusois, la butte de Toulx est couronnée d’un amas de grosses roches qui intrigue le visiteur.
Les uns y voient les vestiges de puissantes fortifications gauloises qui auraient subi les vicissitudes des invasions romaines puis gothiques.
Les autres y voient le résultat d’une évolution naturelle de la masse granitique primaire travaillée par le gel. Ce curieux paysage frappait d’autant plus nos anciens que les moutons et les chèvres en faisaient un quasi-désert végétal, rendant formidable les amas de blocs rocheux que l’on imaginait avoir été manipulés par nos robustes et presque mythiques ancêtres celtes.
Aujourd’hui la végétation arbustive cache un peu cet aspect du paysage.
Climat
Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de «climat des marges montargnardes», selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du type «climat de montagne» dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Pour ce type de climat, la température décroît rapidement en fonction de l'altitude. On observe une nébulosité minimale en hiver et maximale en été. Les vents et les précipitations varient notablement selon le lieu[2].
Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 1]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.
Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]
Moyenne annuelle de température: 9,1°C
Nombre de jours avec une température inférieure à −5°C: 4,2 j
Nombre de jours avec une température supérieure à 30°C: 1,8 j
Nombre de jours de précipitation en janvier: 13,5 j
Nombre de jours de précipitation en juillet: 8,8 j
Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, «Boussac_sapc», sur la commune de Boussac, mise en service en 1994[7] et qui se trouve à 7 km à vol d'oiseau[8],[Note 4], où la température moyenne annuelle est de 10,9°C et la hauteur de précipitations de 922,3 mm pour la période 1981-2010[9].
Sur la station météorologique historique la plus proche, «Châteauroux Déols», sur la commune de Déols, dans le département de l'Indre, mise en service en 1893 et à 72 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 11,5°C pour la période 1971-2000[11], à 11,8°C pour 1981-2010[12], puis à 12,2°C pour 1991-2020[13].
Urbanisme
Typologie
Toulx-Sainte-Croix est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 5],[14],[15],[16].
La commune est en outre hors attraction des villes[17],[18].
Occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64% en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (63,9%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
prairies (53,5%), forêts (35,4%), zones agricoles hétérogènes (8,3%), terres arables (2,2%), zones urbanisées (0,7%)[19].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Risques majeurs
Le territoire de la commune de Toulx-Sainte-Croix est vulnérable à différents aléas naturels: météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque particulier: le risque de radon[20]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[21].
Risques naturels
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Toulx-Sainte-Croix.
Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 11,4% de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (33,6% au niveau départemental et 48,5% au niveau national). Sur les 297 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 56 sont en en aléa moyen ou fort, soit 19%, à comparer aux 25% au niveau départemental et 54% au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[22],[Carte 2].
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[23].
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982 et 1999. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999[20].
Risque particulier
Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Toulx-Sainte-Croix est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[24].
Toponymie
Son nom varia selon les époques et d’après les documents anciens qui la concernent, nous pouvons lire: Tullum, signifiant « hauteur », en 1174, 1194, 1211, Prior de Tol au XIIesiècle, Ecclesia Sancti Martialis de Castello Tulli en 1158, Prior de Tullo en 1285, prieuré de Saint-Marcial de Toulx en 1495, Thoulx en 1561, Thoux-Sainte-Croix en 1703.
L’adjonction de Sainte-Croix à Toulx serait donc antérieure au XVIIIesiècle. L’église dont le patron était saint Martial aurait été alors consacrée à la sainte Croix.
Durant la Révolution, la commune, dont le nom est orthographié indifféremment Toulx-Sainte-Croix ou Toul-Sainte-Croix, porte, à compter de , le nom de Toulx ou Toul[25] avec une interruption, de messidor à thermidor de l'an II, pour devenir passagèrement Toulx-la-Montagne[26].
Toulx-Sainte-Croix aurait été, jadis, un important village gaulois dont les habitations couvertes de chaume étaient défendues par une triple enceinte de murs de pierres. La première avait 1 600 m de circuit et 6 mètres d’épaisseur. Toulx devint gallo-romaine comme le prouvent les médailles que l’on y a trouvées. La présence d'enceintes de pierres est toutefois contestée par les géologues qui estiment que le chaos pierreux de la montagne de Toulx est d'origine naturelle.
Au cours du XIXesiècle s'est répandue l'idée qu'il y avait eu, au sommet des monts de Toulx-Sainte-Croix, un oppidum gaulois. L'archéologie ne le confirme pas. Une agglomération gallo-romaine nommée Tullum, est, elle, attestée par divers objets trouvés sur le site, succédant à des occupations plus anciennes. Ce village conserve une curieuse église romane.
Au IIIesiècle, saint Martial se dirigeant vers Limoges, se serait arrêté à Toulx. Il y aurait ressuscité le fils d’un notable et, ainsi, il aurait pu convertir au christianisme tous les habitants du lieu.
D’après la tradition, l’église de Toulx aurait été construite sous la direction des chanoines d’Évaux (fin XIeà débutXIIesiècle), l’église Saint-Pierre d’Évaux aurait été érigée dans le même temps. Elle est curieusement amputée de son clocher. Un effondrement des trois premières travées en est la cause, il se situerait vers 1657-1660. Deux lions en granit sont flanqués à l’entrée de l’église et un troisième près du clocher. Généralement, on attribue leur sculpture à l’époque gallo-romaine, ils auraient servi de gardiens à des sépultures, à moins qu’ils n'aient servi de décoration à une fontaine, comme il semblerait que ce fut le cas pour un autre retrouvé au début du XXesiècle, non loin de Toulx-Sainte-Croix.
Des sarcophages contenant des restes humains ont été plusieurs fois retrouvés. Les cinq premiers le furent vers 1915-1920, par M. Antonin Aupetit. Quatre seraient de l'époque mérovingienne, un cinquième reconstitué en briques gallo-romaines, serait plus ancien. Ils sont conservés dans la base du clocher.
Une chapelle, aujourd’hui détruite, était dédiée à saint Martial. Les fidèles y venaient en pèlerinage le jour de la fête du saint, le . Une fontaine dédiée à saint Martial, malheureusement détruite vers 1981, était réputée pour guérir les problèmes liés aux yeux.
La commune de Pradeau fut intégrée par ordonnance du à la commune de Toulx-Sainte-Croix. Son nom s’est orthographié Pradaux sur divers documents, en 1212 (monasterium de Pradellis). Il y avait un prieuré séculier dont la fête était l’Assomption de la Sainte Vierge. Pradaux était une paroisse, avec cure, dès 1573. Elle était cependant dite annexe de Boussac en 1570, 1611, 1618, 1625, 1636. La fontaine de Saint-Blaise (au sortir du village, route de Toulx à Lavaufranche) facilitait la guérison des maladies du bétail.
Politique et administration
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
mars 1996
mars 2008
Guy Brissat
2008
2014
Bernard De La Biche
2014
En cours
Christian Julliard
Droite
Exploitant agricole
Les données manquantes sont à compléter.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[29].
En 2019, la commune comptait 254 habitants[Note 6], en diminution de 9,61% par rapport à 2013 (Creuse: −3,52%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
1 022
1 018
1 128
1 188
1 335
1 298
1 395
1 368
1 349
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1 380
1 279
1 293
1 247
1 310
1 270
1 302
1 192
1 227
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1 235
1 219
1 191
1 007
957
880
899
794
720
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2006
2010
645
570
507
435
361
304
304
303
297
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2015
2019
-
-
-
-
-
-
-
266
254
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2006[31].)
Histogramme de l'évolution démographique
Économie
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Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
L'église Saint-Martial, romane, à clocher séparé, dédiée à la sainte Croix et à saint Martial, apôtre du Limousin qui d'après la légende, y aurait commencé sa prédication. À la suite d'un écroulement ou d'une démolition, cette église du XIesiècle et du début du XIIesiècle (classée monument historique en 1986[32]), n'a plus sa longueur primitive, ce qui explique pourquoi aujourd'hui, le clocher est séparé[33].
Les vestiges de la chapelle Saint-Martial, probablement construite sur un ancien lieu de culte romain. Sa partie la plus ancienne pourrait être contemporaine de la prédication de saint Martial. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1991[34].
Les sarcophages mérovingiens dans la salle basse du clocher et dans les ruines de la chapelle Saint-Martial.
La tour d'observation[35] édifiée sur les «Rochers de Brudalis» permet de voir un panorama à 360° du canton de Boussac, les Monts d’Auvergne, les plateaux du Berry ainsi que les monts du Limousin. Elle a été récemment rénovée. Sa construction, commencée en 1932 par l'abbé Aguillaume, s'arrêta en 1937 faute de moyens de financement. Elle reprit en 1956 et fut achevée pour supporter une antenne-relais pour la télévision jusqu'en 1972. Une table d'orientation permet de reconnaître les vastes horizons visibles.
Les pierres Jaumâtres, situées sur le territoire de la commune sont des bizarreries granitiques (blocs en équilibre et de formes variées) dues à l'érosion en boule du granite. Ces mégalithes de l'époque mésolithique sont classés au titre des monuments historiques en 1927[36].
L'antenne sismique
Le lavoir d'Hiver, restauré par l'association Pierres en Marche.Le lavoir d’hiver, patrimoine vernaculaire de la commune de Toulx Sainte Croix, a été construit au milieu du XIXème siècle. Il est situé dans un creux sur le flanc sud du Bourg. Sa situation géographique permettait aux lavandières de l’utiliser l’hiver. On accède au site sur le lieu-dit «le Goutteraud» par un sentier boisé qui part du bas du village. Il était encore utilisé au début du XXème siècle. C’est un ensemble qui comprend des murs de soutènement en pierres sèches, une fontaine typique creusoise et un lavoir semi-ovale.
Le clocher séparé de l'église
L'église romane (porche flanqué de lions)
Sarcophage paléochrétien en calcaire
Les Pierres Jaumâtres
Tour d'observation panoramique
Station sismique
Antenne sismique vue du haut de la tour
Antenne sismique
Personnalités liées à la commune
André Guy (auteur régionaliste)
Claude Ribbe, écrivain.
L'abbé Aguillaume, curé de la paroisse de 1907 à 1949, fut l'initiateur de la construction de la tour d'observation; passionné par l'histoire de la commune, il préserva les découvertes archéologiques, sur Toulx, dans la base du clocher. Malheureusement, une partie fut pillée après le décès du protecteur.
George Sand: l'action de son roman Jeanne, se passe aux Pierres Jaumâtres et à Boussac.
Jean-François Barailon
Emile Guiblain-Coquery (1884-1963), peintre, notamment ami de Pierre Loti et d'Aurore Sand, a passé à Toulx-Sainte-Croix les douze dernières années de sa vie. Il est enterré près de sa maison-atelier des Bruladis, aux côtés de son chien Babet.
Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[3].
L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
Cartes
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOIhttps://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
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