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Boëge
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Géographie
Le village
Traversé par la Menoge, Boëge[1] est un gros bourg situé au cœur de la vallée Verte, à 30 km du Léman et à 10 km de l'autoroute A40.
Cette commune, qui a multiplié par 2,5 sa population en 30 ans, connaît un développement important et le renouvellement de son centre. Il préserve cependant son authenticité grâce au maintien d'activités traditionnelles, telles que la miellerie, la fabrication de fromages ou le marché du mardi.
Boëge est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].
Elle appartient à l'unité urbaine de Genève (SUI)-Annemasse (partie française), une agglomération internationale dont la partie française regroupe 35 communes[5] et 190 486 habitants en 2019, dont elle est une commune de la banlieue[6],[7].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française) dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 158 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[8],[9].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (64,2% en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (66,7%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
forêts (62%), prairies (26,9%), zones urbanisées (4,6%), zones agricoles hétérogènes (4,2%), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,2%)[10].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols en 2018 (CLC) de la commune.
Carte orthophotogrammétrique de la commune.
Toponymie
Le nom Boëge viendrait du latin buegium, signifiant «pays de bois et de buisson». Pour l'abbé Mouthon, dans son ouvrage Le Villard et la vallée de Boëge avant la Révolution (1914, p.13), le nom «semble plutôt tirer son origine du mot boé (bois), de notre patois local» (savoyard). Georges-Richard Wipf, dans son ouvrage, indique que «(...) on relève, avec la forme bied/z, les localités de Boëge, dont le nom local (bwézh) signifie bois en patois (...)»[11]. Dans la Nouvelle Encyclopédie de la Haute-Savoie (2007), Paul Guichonnet indique que le nom vient du celtiquebied, signifiant lui aussi bois[12]. Le chanoine Gros relève que le nom latin buegium pourrait être une variante de bovegium[13].
Les différentes mentions relevées du village ou de la paroisse sont Boegio (1275), Bogio (1274), Buegium (1278), Buegio (XIVesiècle), puis Boëge (1793)[13].
D'après le linguiste Xavier Delamarre[14], le nom de la commune de Boëge (Boegio, Bogio, Buegio) viendrait du mot gaulois "Bodios" qui signifie "jaune" ou "blond". Selon lui, les noms de rivières françaises tels que Buèges (Hérault), Buech (Alpes de Haute Provence) sont probablement d'anciennes *Bodia, "rivières jaunes". Boëge pourrait donc être un nom Allobroges.
La vallée Verte est occupée dès le Néolithique[16]. Elle accueille ensuite des populations celtes, puis des Romains au Iersiècle[16].
Durant la période médiévale, la situation de Boëge, en fond de bassin, aboutit à son défrichement où s'installent des seigneurs[12]. Deux familles féodales s'installent, les Boëge et les Montvuagnard, à l'origine des châteaux de Boëge, dit de Rochefort, de Montvuagnard, de Marcossey[12], souvent appelé aussi château de Boëge[17],[18].
La famille de Boëge, dont les premières mentions remontent à 1138, est connue dans les sources par plusieurs affaires les opposant aux «abbayes d'Aulps, de Sixt et de Vallon»[19]. La famille s'éteint au milieu du XVesiècle. La dernière personnalité à porter le nom est Claudine de Boëge qui apporte en dot l'ensemble des droits et possessions de la famille à son mari, Jean de Montvuagnard[19]. Cette famille occupe tout d'abord le château de Boëge, dit de Rochefort (Castellum de Rupeforte), qui semble, d'après une note du XVIIIesiècle, abandonné au XIIesiècle pour le château de Marcossey[20],[21],[18]. Il est situé sur un éperon rocheux du versant Est au pied des Voirons, au nord-ouest du lieu-dit «les Perriers» (hameau du Penaz)[21],[18]. La famille est vassale des sires de Faucigny[21]. Le site est détruit au cours des conflits opposant les comtes de Genève aux comtes de Savoie[20]. La note du XVIIIesiècle indique que «les masures du château de Rochefort couvrent une assez grande espace (sic) et sont tout à fait considérables»[20],[17]. Les ruines font l'objet d'une campagne de restauration.
Le château de Marcossey devient, semble-t-il, la demeure des seigneurs de Boëge à partir du XIIesiècle, siècle de sa construction[20]. Il était situé «du côté de Saint-André»[18]. Il s'agissait d'un château-fort «défendu par quatre fossés qu'on pouvait remplir à volonté avec l'eau de la Menoge», constitué de deux tours et de «murailles épaisses de 8 pieds»[20]. Il est détruit en 1589 au cours du conflit entre la maison de Savoie et les troupes suisses[20],[18].
La maison-forte de Montvuagnard est construite sans fortification[18],[22]. Installée au centre du village, son emplacement correspond aujourd'hui à la place du marché[22].
Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population boëgienne est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de 13 651 signatures[Note 3], dont une centaine pour le village[25],[26]. Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et où 99,8% des Savoyards répondent «oui» à la question «La Savoie veut-elle être réunie à la France?»[27].
Au lendemain de l'annexion de la Savoie à la France, la commune devient un chef-lieu de canton, créé par décret du [28]. Jusqu'en 1939, il appartient à l'arrondissement de Bonneville, en Faucigny, avant d'être attaché à celui de Thonon-les-Bains, en Chablais[28]. En 2015, le canton est supprimé et rattaché à celui de Sciez.
Politique et administration
Situation administrative
La commune de Boëge appartient au canton de Sciez, qui compte selon le redécoupage cantonal de 2014 25 communes[29]. Avant ce redécoupage, elle appartenait au canton de Boëge, dont elle était le chef-lieu depuis 1860[28].
Elle forme avec sept autres communes — Bogève, Burdignin, Habère-Lullin, Habère-Poche, Saint-André-de-Boëge, Saxel et Villard — depuis la communauté de communes de la Vallée Verte[30]. Elle fait suite SIVOM de la Vallée Verte créé en 1966[31].
Boëge relève de l'arrondissement de Thonon-les-Bains, depuis 1939[28], et de la troisième circonscription de la Haute-Savoie, dont le député est Martial Saddier (LR) depuis les élections de 2017.
Tendances politiques et résultats
Article connexe: Élections municipales de 2014 en Haute-Savoie.
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Liste des maires
Liste des maires successifs
Période
Identité
Étiquette
Qualité
1861
1870
François A. Dumont
1870
1873
Pierre Charrière
1873
1875
Jean-Joseph Dupraz
1875
1877
Eusèbe Jolivet
1877
1878
Pierre-Joseph Bovet
1878
1884
François Mercier
1884
1889
Eusèbe Charrière
1889
1891
Gaëtan Dumont
1891
1896
François Grobel
1896
1902
Joseph Condevaux
1902
1909
Eugène Charrière
1909
1911
François Maître
1911
1919
Louis Charrière
1919
1934
Arthur Dufour
1934
1935
Joseph Dupraz
1935
1965
Louis Guillermin
1965
1977
Alain Perrier
1977
1980
Marcel Perrollaz
1980
1983
Robert Goy
1983
1989
François-Xavier Roy
1989
2001
Noëlle Bétemps
2001
2020
Jean-Paul Musard
2020
En cours
Fabienne Scherrer
Démographie
Les habitants de la commune sont appelés les Boëgiennes et les Boëgiens[28]. On trouve également les formes Boëgëus et Boègois.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[32]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[33].
En 2019, la commune comptait 1 861 habitants[Note 4], en augmentation de 9,66% par rapport à 2013 (Haute-Savoie: +7,33%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1822
1838
1848
1858
1861
1866
985
1 044
1 064
1 265
1 435
1 604
1 427
1 402
1 526
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1901
1906
1911
1 446
1 475
1 536
1 605
1 533
1 403
1 248
1 161
1 097
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1962
1968
1975
948
1 010
1 013
995
921
914
744
843
724
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1982
1990
1999
2006
2008
2013
2018
2019
-
1 025
1 267
1 415
1 525
1 556
1 697
1 811
1 861
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[34] puis Insee à partir de 2006[35].)
Famille de Boëge, seigneurs du village et de la vallée du XIIesiècle au XVesiècle.
Michée Chauderon, native de la paroisse, dernière femme exécutée à Genève pour sorcellerie en 1652[36].
L'écrivain royaliste Louis-Henri Duchesne de Voiron, né vers 1733 dans la paroisse.
Lieux et monuments
Le château de Rochefort, dont il ne reste que des ruines, installé sur un éperon rocheux appartenant aux Voirons, à 943 mètres d'altitude, permettant de contrôler la vallée jusqu'au col de Saxel. Il se situe à 800 mètres au nord-ouest du lieu-dit «les Perriers». Il s'agit du berceau de la famille chevaleresque de Boëge[37].
L'église Saint-Maurice a été reconstruite entre 1855 et 1858 par les architectes J. Michaud et M. Champlanaz, dans le style néogothique avec son clocher octogonal. L'orgue de tribune et sa partie instrumentale donnés à Boëge par l'empereur Napoléon III au moment du rattachement de la Savoie à la France sont Classé MH(1977)[38].
La grenette
La grenette de Boëge utilisée jusqu’en 1853 et abritant des mesures à grains Classé MH(1993)[39].
Les Voirons (1 486 mètres) offrent un panorama remarquable sur le Léman et les contreforts du Jura ainsi que sur les Alpes et la chaîne du Mont-Blanc. Surnommés autrefois « la Perle de la Savoie », c'est un lieu de balade familiale au cœur de la nature.
La chapelle Notre-Dame-des-Voirons et le monastère de Notre-Dame-des-Voirons: au Vesiècle, un lieu de culte païen fut abattu par l'évêque de Genève Domitien. Par acte du , Louis de Langin y fondera une chapelle à la suite d'un vœu à la Sainte Vierge. L'autorisation de l'évêque Jean Louis de Savoie n'intervint que cinq ans plus tard. En même temps était créé un petit ermitage pour 4 prêtres. Le sanctuaire reconstruit en 1865 brûla 28 ans plus tard et fut réédifié en 1894. En 1967, les premières sœurs de Bethléem s'installent aux Voirons.
Voir aussi
Bibliographie
Pascal Roman, Vallée verte: Boëge, Bogève, Burdignin, Habère-Lullin, Habère-Poche, St-André-de-Boëge, Saxel, Villard, Thonon-les-Bains, édition de l’Astronome, Les cahiers du colporteur, , 63p. (ISBN978-2-916147-83-3).
Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Histoire des communes savoyardes: Le Chablais, Roanne, Éditions Horvath, , 422p. (ISBN978-2-7171-0099-0), p.253-282, «Le canton de Boëge (présentation)», pp. 259-260, «Boëge».
J. Mouthon, Le Villard et la vallée de Boëge avant la Révolution, Annecy, Académie salésienne, , 274p.lire en ligne sur Gallica.
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
Cette pétition réunit plus de 13 651 signatures dans des villages de la partie nord (aujourd'hui la Haute-Savoie): 60 communes du Faucigny, 23 du Chablais savoyard et 13 aux environs de Saint-Julien-en-Genevois, soutenues par l’Angleterre[23],[24].
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
Cartes
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
Georges-Richard Wipf, Noms de lieux franco-provençaux. Région Rhône-Alpes, Suisse romande, Val d'Aoste: histoire et étymologie, Chambéry, Éditions des imprimeries réunies de Chambéry, , 342p., p.215, et cité par Gilbert Künzi, Lieux-dits entre Dranse et Arve: Chablais savoyard et Faucigny, Éditions Cabédita, , 201p. (ISBN978-2-88295-203-5), p.37, section «Boëge».
Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie: Hier et aujourd'hui, Montmélian, La Fontaine de Siloé, , 399p. (ISBN978-2-84206-374-0, lire en ligne), p.92.
Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr.2004) (1reéd. 1935), 519p. (ISBN978-2-84206-268-2, lire en ligne), p.69..
Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie: Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43p. (ISBN978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p.17
Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
.
Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie: Hier et aujourd'hui, Montmélian, La Fontaine de Siloé, , 399p. (ISBN978-2-84206-374-0, lire en ligne), p.91.
Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol.Volume 7 de Mémoires et documents, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 486p., p.350.
Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol.Volume 7 de Mémoires et documents, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 486p., p.349.
Luc Monnier, L'annexion de la Savoie à France et la politique suisse, 1860, A. Jullien, , p.98.
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René Avezou, La Savoie depuis les réformes de Charles Albert jusqu'à l'annexion à la France, Chambéry, Impr. Chambérienne, , 375p., p.346.
Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie: Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé, , 399p. (lire en ligne), p.18.
«Boëge», sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le ), Ressources - Les communes.
Michèle Brocard-Plaut, Diableries et sorcellerie en Savoie, Le Côteau, éditions Horvath, , 173p., p.155.
Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol.7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr.1978) (1reéd. 1956), 486p., p.349-.
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