Blâmont est située à l'extrémité orientale du département, dans la vallée de la Vezouze. Cette rivière a connu plusieurs crues spectaculaires dans le passé, à la différence de son affluent, la Voise, qui n'a jamais menacé les zones habitées.
La ville se trouve sur la route nationale 4 qui se fraie un tracé tortueux parmi les maisons anciennes.
Depuis le mois de décembre 2006, une route à 2x2 voies contourne Blâmont.
Urbanisme
Typologie
Blâmont est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3].
La commune est en outre hors attraction des villes[4],[5].
Occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,6% en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (68,9%). La répartition détaillée en 2018 est la suivante:
prairies (32,9%), terres arables (23,1%), forêts (18,3%), zones agricoles hétérogènes (9,6%), zones urbanisées (8,3%), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,4%), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,4%)[6].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes: la carte de Cassini (XVIIIesiècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].
Toponymie
Blammont (1186), Album Montem (1290), Blamont (1793).
En allemand: Blankenberg.
Histoire
Du Moyen Âge à la Révolution
La seigneurie appartint à la famille qui en prit le nom (Blankenberg en allemand), puis devint un fief des comtes de Salm aux XIIeetXIIIesiècles. Ils l'attribuèrent à l'un de leurs cadet, Ferry de Blâmont, fils cadet de Henri III de Salm. Henri de Blâmont, fils de Ferry, est l'un des principaux héros du tournoi de Chauvency en 1285, applaudi par Jacques Bretel, qui le met à l'honneur et raconte sa joute contre Gevigni et ses faits d'armes dans la mêlée du tournoi, aux côtés de Jean de Rosières et de Raoul de Baissi. Il participait ainsi aux fêtes données par son beau-père, Louis V de Looz, comte de Chiny, époux de Jeanne de Bar, fille d'Henri II de Bar et Philippa de Dreux, veuve de Ferry.
Gisant de Henri I sire de Blâmont et de son épouse Cunégonde de Linange. Chapelle des Cordeliers, Nancy.
La seigneurie fut élevée au rang de comté au XVesiècle. Durant les guerres de Bourgogne, le seigneur de Blâmont Ferry II s'allie à Charles le Téméraire contre le duc René II et les Sarrebourgeois[8].
Le comté fut légué au duc de Lorraine en 1499 par Olry de Blâmont, évêque de Toul, et Christine de Danemark, régente de Lorraine, résida à Blâmont. À partir de 1751, il est question du bailliage de Blâmont.
Le 2 décembre 1573, Blamont accueille la cour de France où le roi de Pologne, futur Henri III de France, en partance pour la Pologne, fait ses adieux à sa mère Catherine de Médicis et à sa sœur Marguerite[9],[10].
Vue de Blâmont et son château en 1645.
Au début du XVIIesiècle, la duchesse douairière Marguerite de Gonzague contribue également à l'essor de la cité, en fondant un couvent de Capucins, et un monastère des religieuses enseignantes de la congrégation Notre-Dame.
La ville et son château furent pris par les Protestants lors des guerres de religion, puis détruits pendant la guerre de Trente Ans (sièges de 1636 et 1638); le château-fort comme beaucoup d'autres fut démantelé sur ordre de Richelieu.
La ville fut reconstruite au XVIIIesiècle; de nombreux bâtiments datent de cette période, comme l'hôpital, l'hôtel du Chatelet ou le presbytère. Le centre se déplace alors au-delà des murs, près du pont de la Vezouze.
Époque contemporaine
Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Au XIXesiècle, la ville connut une période de prospérité, en lien avec son environnement agricole. Un actif tissu économique se développa alors: tanneries (Hertz), brasseries (Baumgarten), chocolaterie (Burrus), fabrique de velours (Bechmann), usine de fourches (Labourel)... Son collège, fondé en 1812 par l'abbé Lebon, attire de nombreux pensionnaires venus de toute la région, tandis que la population de la ville dépasse le cap des 2 500 habitants au milieu du siècle. Ce fut durant cette période de prospérité que furent édifiés l'hôtel de ville (1830), la synagogue (1844) et l'église (1852). En 1836, on y dénombrait une cinquantaine de familles juives[11].
Ce n'est qu'en 1870 que Blâmont est desservi par la compagnie privée ABC (Ligne d'Avricourt à Blâmont et à Cirey) à partir de la gare d'Avricourt, ce qui provoquera en 1871 la partition de cette commune. Plus tardivement, avec beaucoup de lenteur et de retard, un chemin de fer métrique départemental atteint Blâmont par la compagnie du LBB (Ligne de Lunéville à Blâmont et à Badonviller). La gare est inaugurée le par le ministre Albert Lebrun par une fête grandiose et un banquet de 450 couverts. Les stations des voyageurs et des marchandises sont devenues habitations au XXIesiècle. Le trafic de la ligne LBB fonctionnera jusqu'en 1942[12].
Pendant la Première Guerre mondiale, Blâmont, situé à quatre kilomètres de la frontière franco-allemande issue du traité de Francfort de 1871, fut rapidement envahi par les Allemands. Les actes de barbarie commis à Blâmont au début des hostilités (août 1914) défrayèrent la chronique internationale. Puis le front se stabilisa et la ville demeura sous occupation allemande, relativement épargnée tandis que les villages des alentours, situés sur la ligne de front, furent dévastés.
Le centre-ville et le château furent bombardés durant la Seconde Guerre mondiale. La ville est traversée par le Schutzwall West. Dans le cimetière reposent les sept corps de l'équipage d'un avion du 550eescadron de la Royal Air Force tombé à Blâmont le .
L'après-guerre fut marqué par la reconstruction, puis par la désindustrialisation.
Depuis 2001, les municipalités de Monique Roch puis de son successeur Guy Jambois sont confrontées à des problèmes de fonctionnement récurrents (démission de deux adjoints en juillet 2002, destitutions de deux autres adjoints en juillet 2008 et en mai 2009, puis démission de six conseillers en juillet 2009, suivie d'élections partielles en septembre 2009 intégralement remportées par l'opposition). En janvier 2011, les médias révèlent que le maire serait impliqué dans une affaire de présumées fausses délibérations[13]. Une nouvelle vague de démissions de conseillers municipaux a lieu au printemps 2016[14], provoquant de nouvelles élections partielles en septembre 2016[15] remportées par Thierry Meurant[16].
Conseiller général du canton de Blâmont (1945-1970) Député (1946-1958) Secrétaire d'état (1955-1956)
1966
1983
Jean-Roland Belin
1983
1995
Simone Thomas
1995
2001
Gérard Balland
mars 2001
2014
Monique Roch
mars 2014
septembre 2016
Guy Jambois
septembre 2016
En cours
Thierry Meurant[17],[18] Réélu pour le mandat 2020-2026
Chef d'entreprise de dix salariés ou plus
Les données manquantes sont à compléter.
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[20].
En 2019, la commune comptait 1 063 habitants[Note 2], en diminution de 3,28% par rapport à 2013 (Meurthe-et-Moselle: +0,38%, France hors Mayotte: +2,17%).
Évolution de la population [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
1 859
1 941
1 908
1 897
2 089
2 638
2 563
2 671
2 527
Évolution de la population [modifier], suite (1)
1856
1861
1872
1876
1881
1886
1891
1896
1901
2 404
2 298
2 272
2 337
2 175
2 147
2 052
1 934
1 726
Évolution de la population [modifier], suite (2)
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
1962
1 604
1 670
1 386
1 469
1 559
1 606
1 110
1 253
1 409
Évolution de la population [modifier], suite (3)
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2007
2012
2017
1 400
1 257
1 399
1 318
1 261
1 190
1 180
1 099
1 072
Évolution de la population [modifier], suite (4)
2019
-
-
-
-
-
-
-
-
1 063
-
-
-
-
-
-
-
-
De 1962 à 1999: population sans doubles comptes; pour les dates suivantes: population municipale. (Sources: Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique
Enseignement
L'école maternelle et élémentaire Jean-Crouzier occupe l'ancien couvent des sœurs de Notre-Dame (XVIIesiècle).
Le collège du château est installé dans un bâtiment construit en 1953 et agrandi en 1972.
Au XIXesiècle, Blâmont eut un collège municipal (1812-1858), puis diocésain (1858-1870), un pensionnat libre (demoiselles Tanche, 1842-1870) et deux écoles congréganistes, une masculine (frères des Écoles chrétiennes, 1854-1870) et une féminine (sœurs de la Doctrine Chrétienne, 1808-1903). L'immeuble des sœurs de la doctrine chrétienne, rue des Capucins, devint le Foyer des Institutrices Libres de Lorraine après 1925.
Santé
Centre Sanitaire et Médico-Social "Les rives du château" de la Croix-Rouge, sur l'emplacement du palais de Christine de Danemark.
L'ancien hôpital Saint-Jean Baptiste est devenu la maison de retraite "3 H Santé".
Les anciens locaux de l'hôpital sont occupés par le Foyer d'Accueil Spécialisé (chapelle du XVIIIesiècle)
Économie
D'après la monographie communale de 1888, l'activité essentielle de Blâmont était l'agriculture et la production laitière. Il reste encore quelques exploitations agricoles.
En 2021, Blâmont compte environ 80 établissements essentiellement dans l'activité manufacturière (11), la construction (8), le commerce en gros (34), l'activité tertiaire (12), des activités spécialisées (8) et divers travaux et services[23],[24].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Édifices civils
Ruines d'un château fort médiéval (XIesiècle), remanié à diverses reprises jusqu'au XIXesiècle. Ce château fait actuellement l'objet d'une consolidation par une association qui assure également des visites. Les ruines sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 1994[25].
Article détaillé: Château de Blâmont.
De nombreuses maisons et hôtels particuliers du XVIIIesiècle sont bien conservées dans la ville. Les plus remarquables sont: le presbytère, la maison Cabri (30, rue Victor Pierre), la maison Colin-Brice (13, place Général de Gaulle), la maison Lafrogne (51, rue du 18 novembre), l'hôtel de Martimprey et l'hôtel des chanoines réguliers de Domèvre (25 et 29 rue du Château).
L'imposant hôtel de ville de style néo-classique est construit sur les plans de l'architecte Antoine-Alexandre Jandel à la fin de la Restauration (1830).
Deux châteaux ont été construits dans des écarts au XIXesiècle: le château du Clos Saint-Pierre ayant appartenu à Adrien de Turckheim (incendié dans l'entre-deux-guerres) et le château Sainte-Marie reconstruit après la première guerre mondiale.
Édifices religieux
Intérieur de l'église Saint-Maurice et orgue Dingler
Église Saint-Maurice 1852 néogothique: confessionnaux et chaire XVIIIesiècle, baroque provenant de l'abbaye de Domèvre-sur-Vezouze; abrite un orgue historique de Dingler, construit au XVIIIesiècle, transformé au XXe, et restauré par Kern en 2000.
Collégiale de Blâmont, supprimée avant la Révolution, remplacée par la chapelle néo-gothique du collège (1848), détruite au XXesiècle.
Monastère des religieuses de Notre-Dame (XVIIesiècle), reconverti en école maternelle.
Couvent des Capucins fondé en 1627 par Marguerite de Gonzague, avec chapelle ornée de fresques, converti en centre d'action sociale dans l'entre-deux-guerres (Bon-Accueil), détruit par bombardement en 1944.
Personnalités liées à la commune
Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, ministre de la Justice, né à Blâmont en 1736.
Charles Regnault, député à l'Assemblée nationale constituante, né à Blâmont en 1755.
Dominique Louis Antoine Klein, général comte de l'Empire, né à Blâmont en 1761.
Édouard Lièvre, dessinateur ornemaniste et ébéniste, né à Blâmont en 1828.
Florent Schmitt, compositeur, né à Blâmont en 1870, décédé en 1958.
Marthe Richard, pionnière de l'aviation féminine, espionne, conseillère de Paris, née à Blâmont en 1889.
Jean Crouzier, maire de Blâmont dans l'après-guerre, ministre, mort en 1970.
Antoine Veil, inspecteur des finances, né à Blâmont en 1926, membre du comité stratégique du groupe Bolloré[26], mari de Simone Veil, décédé en 2013.
Gilles Fabre, artiste peintre né en 1933 à Blâmont, mort en 2007.
Claude Pair, normalien, informaticien, recteur de l'académie de Lille, né à Blâmont en 1934.
Héraldique, logotype et devise
Blasonnement:
D'argent à deux saumons adossés de gueules accompagnés en chef d'une rose de même.
Blason de Henri de Blâmont
Blasonnement:
De gueules aux deux saumons adossés d'argent.
Commentaires: À Chauvency-le-Château, Henri de Blâmont avait déjà modifié et simplifié les armoiries des Salm pour ne plus porter que des saumons d'argent mis en valeur sur un écu de gueules. Selon les manuscrits de Mons ou d'Oxford, il crie "Salm" ou "Blâmont" lors de la mêlée du tournoi.
Voir aussi
Bibliographie
Constant Hertz, Blâmont, la vaillante (épisodes de guerre), Paris-Revue, 1920
Louis Schaudel, Les comtes de Salm et l'abbaye de Senones aux XIIe et XIIIesiècle. Contribution à l'histoire de Senones, Pierre-Percée, Badonwiller, Blamont, Deneuvre, Berger-Levrault, 1921
Joseph Colin, Notice sur Blâmont et Bon-Accueil, don de la Croix-Rouge américaine, Mazerand, 1926.
Antoinette Aubry-Humbert, Seigneurs et laboureurs dans le Blâmontois aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2001-2011.
Cédric Andriot, "Blâmont", dans La Gazette Lorraine, mars 2012.
Cédric Andriot, "Une maison bourgeoise de la Belle-Epoque à Blâmont", Villages lorrains, 2007, n°119.
Cédric Andriot, Fabienne Henryot et Philippe Masson, Blâmont et le Blâmontois au fil des siècles, Gérard Louis, 2009
Cédric Andriot, "Le collège de Blâmont du Concordat à la Séparation de l'Église et de l'école", Annales de l'Est, 2012, no2.
Cédric Andriot, "L'école de la Doctrine chrétienne à Blâmont (1808-1903): une école libre face à la laïcité", Le Pays lorrain, septembre 2013, no3.
Sœur Euphémie, Quatre ans sous le joug allemand, Journal d’une religieuse de l’hôpital de Blâmont occupé par l’Allemagne de 1914 à 1918, présenté par Cédric Andriot et Thierry Meurant, Haroué, éditions Gérard Louis, 2014.
Thierry Meurant et Cédric Andriot, "Blâmont, août 1914. L'histoire méconnue des premiers jours de guerre", dans Le Pays lorrain, septembre 2014, no3.
Thierry Meurant et Cédric Andriot, Monuments aux morts du Blâmontois. 34 communes dans la Grande guerre, 2013, 88 pages.
Thierry Meurant, Sept jours dans la tourmente. Le Blâmontois du 8 au 15 août 1914, Adagio, 2013, 70 pages.
Vianney Muller, "Usages passés et avenir du château de Blâmont", dans Le Pays lorrain, septembre 2016, no3.
Marc Gabriel, L'épopée du LBB, Nancy, NMG éditions, , 230p. (ISBN978-2-9537068-1-9).
Guerre des paysans en Alsace et en Lorraine (1525)
Liens externes
«Blâmont», Monographies communales de Meurthe-et-Moselle réalisées pour l'exposition universelle de 1889 et conservées par les Bibliothèques de Nancy, sur https://galeries.limedia.fr
Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
Population municipale légale en vigueur au 1erjanvier2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2021, date de référence statistique: 1erjanvier2019.
IGN, «Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes.», sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
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